22 janvier 2026

"CELA N'EST PAS PERMIS !"



La volonté de Dieu : « Aime ! » 

Comme elle est tentante, l’orthopraxie ! Que dois-je faire pour être sauvé, pour être bon chrétien, pour être du côté des justes ? Dans l’histoire des religions humaines, l’attachement à des règles strictes occupe une place centrale. Elle rassure la part superstitieuse de notre être face au mystère de ce monde, et à l’horizon toujours incertain de notre avenir. Cela, d’une certaine manière, manifeste que nous avons conscience qu’en suivant notre pente naturelle, nous risquons de dévier de la volonté de Dieu. Pour nous autres, chrétiens, la doctrine du péché originel éclaire particulièrement cette tendance, qui nécessite parfois d’être contredite par des règles claires. C’est aussi là qu’est l’origine du Décalogue. Nous voulons être cadrés ! Mais en voulant nous attacher à des règles, nous avons progressivement basculé dans une croyance dans les règles elles-mêmes, qui sont devenues des idoles. Elles ont donc pris la place de la volonté de Dieu qui, elle, n’a jamais été distincte du grand commandement : « Aime ! » Or puisqu’il est trop coûteux d’aimer, d’être doux, patient, juste et généreux avec les autres – y compris ceux qui ne nous séduisent pas –, nous aimons mieux nous en tenir à ces règles pour qu’elles nous donnent l’illusion que nous faisons le bien. Heureusement, Jésus, notre sauveur, « est maître, même du sabbat ». Ainsi nous libère-t-il de la tentation des règles mortes.

Jean de Saint-Cheron

Méditation inédite pour Magnificat.

20 janvier 2026

LES SAINTS DU QUOTIDIEN

 



Beauté de ces gestes gratuits, auxquels personne ne pense

Ces gens qui portent l’Église discrètement, pourquoi on ne les voit pas ? Ils nous montrent la beauté de ces gestes gratuits, auxquels personne ne pense, et qui sont pourtant si précieux. Je m’inclus dans cet oubli, par exemple quand j’étais jeune maman, à la messe, je donnais des biscuits pour tenir mes enfants sages, je repartais soulagée si cela avait été le cas, sans penser une seconde à la personne qui derrière moi allait ramasser toutes les miettes ! Et pourtant, le dimanche d’après, l’église était toujours bien propre. Qui pense à remercier ceux qui sont montés au grenier dans le froid, chercher les caisses, les descendre, installer les personnages ou aller chercher le feuillage en forêt ? Ou encore ceux qui allument les 150 bougies à 6 heures du matin pour les messes de l’aurore qui attirent de plus en plus de croyants tant cela nous porte ? 

Quels messages nous enseignent-ils ces saints du quotidien ? Leur présence est à contre-courant de la société et pourtant c’est elle qui rayonne. Ils font des actes gratuits, quand tout est consommation, agissent dans le temps long et en profondeur, alors qu’on vit dans l'immédiateté et l'éphémère, et ils sont fidèles alors qu’on nous pousse à laisser de côté quand on aime plus. Voilà la définition de ces saints minuscules, ces saints du quotidien, et ce sont eux qui nous montrent le chemin du Bon Dieu. Cela pose aussi une question: le sens du service est-il toujours autant partagé aujourd'hui ? Est-ce que les jeunes, les débordés, s'investiront à leur tour dans ces petits services discrets à l’église ? Sans doute une bonne question à se poser en famille lors du déjeuner de Noël ! 

Bénédicte de Saint-Germain, journaliste à fr.aleteia.org

Le-club-des-saints-minuscules-ces-gens-simples-qui-portent-l-eglise.

1er janvier 2026

17 janvier 2026

BIZARRES CES BÉATITUDES

Dieu nous voudrait-il malheureux ?

Bizarres ces Béatitudes et ce sermon sur la montagne... Le Christ promet le ciel à tous les souffrants, les pauvres, les malheureux, les tristes et les persécutés, les assoiffés de justice. Dieu nous voudrait-il malheureux ? Il faudrait subir tous ces tourments pour espérer atteindre le Royaume de Dieu ?  Plus tard, le Christ ajoute qu’« il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, qu’à un riche de rentrer dans le Royaume de Dieu ». (Mt 19, 25). Alors là, le Royaume devient inatteignable pour les chrétiens qui ont un peu d'argent de côté ! Et puis, c’est quand le Royaume des Cieux ? Notre récompense ne viendra-t-elle qu’après des souffrances, des tortures... Après la mort ? Belle affaire !


Mais voilà, un jour tout s’éclaire, Dieu se présente à moi. Alors que je me sens si vulnérable, si pauvre, si désespérée, sans ressource, si ce n’est ce cri poussé vers le ciel, dans l'espoir qu’il ne soit pas vide. Dans la fragilité, dans l’humilité, nait le désir de se tourner vers plus grand que soi et de demander une aide. Alors dans cette rencontre de deux désirs, le mien et celui de Dieu, grandit la foi, naît cet échange amoureux, cette communion avec Dieu… et je comprends enfin ces Béatitudes !

Le Royaume de Dieu, c’est maintenant ! Ce Royaume est déjà dans cette intimité avec Dieu, au creux de mes entrailles, là où Dieu m’attendait, là où il vient me cueillir au tréfond de ma pauvreté. Dieu merci, nous avons tous nos pauvretés ! Nous pouvons rejoindre ce Royaume où les saints nous ont précédés.

Catherine Motte, Lille
prierdanslaville.org
méditation sur Mt 5, 1-12

13 janvier 2026

QUAND LE CŒUR PARLE...

 


Confiance en la personne de Jésus dont le mystère n’est pas totalement identifié


Si Jésus se montre parfois douloureusement surpris de la « non-foi » de ses contemporains, il est plein d’admiration pour celui qui lui fait confiance. En entendant le centurion lui dire : « Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri », Jésus est émerveillé. Nous avons encore ici un exemple typique de confiance en la personne de Jésus dont le mystère n’est pas totalement identifié. Une foi sans doute encore imparfaite. Jésus est ravi. Il ne demande pas que l’homme soit capable de savoir les définitions du Concile de Chalcédoine, mais la confiance. Il ne peut rien sans cette confiance qui s’ouvre à la vie, au don de Dieu. Elle semble plus importante à ses yeux que l’adhésion purement intellectuelle à un dogme rigoureusement défini.

Et ce centurion romain nous montre que cette confiance n’est pas le monopole de ceux qui appartiennent officiellement au peuple d’Israël ou à l’Église institutionnelle.


Michel Hubaut, franciscain, théologien et conférencier. 

MAGNIFICAT

11 janvier 2026

LA PAIX QUI DÉRANGE

 


"Qui veut la paix prépare la guerre." De quelle paix parlons-nous exactement ? 

Acceptons de regarder le monde sans fard, le monde ne va pas bien. Les conflits se multiplient, s’enlisent, se répondent. La violence n’est plus une anomalie lointaine mais un horizon crédible. Le mot "guerre" n’est plus tabou. Il réapparaît dans les discours politiques, dans les analyses stratégiques, parfois même dans nos conversations les plus ordinaires. 

Dans ce contexte, une formule s’impose comme une évidence prétendument réaliste : si vis pacem, para bellum. "Qui veut la paix prépare la guerre." De quelle paix parlons-nous exactement ? Car la paix ainsi invoquée est souvent une paix minimale, défensive, négative : c’est une paix de gestion, pas une paix de salut. Le mal existe, il se structure, il s’arme. Refuser toute résistance peut livrer les plus faibles à la brutalité des plus forts. Mais on ne peut pas non plus se contenter de baptiser chrétienne une logique qui reste strictement mondaine. Car la paix chrétienne ne naît pas de la capacité à frapper plus fort, mais de la capacité à ne pas rendre le mal pour le mal. L’espérance chrétienne ne promet pas que les conflits disparaîtront. Elle promet que la violence n’aura pas le dernier mot.

Le combat spirituel, aujourd’hui, consiste peut-être d’abord à refuser la fascination pour la force, le discours de la peur, la résignation cynique. Il consiste à ne pas laisser la logique de la guerre coloniser nos esprits avant même d’avoir envahi les territoires. Il consiste à croire — contre toute évidence — que la paix véritable ne se prépare pas seulement par des armes, mais par des cœurs capables de conversion. 

P. Clément Barré, prêtre du diocèse de Bordeaux 

TRIBUNE : La paix chrétienne qui dérange

fr.aleteia .org 6/1/2026

8 janvier 2026

VOULOIR RÉELLEMENT LA PAIX

 


Vouloir réellement la paix, c’est accepter de prendre le risque d’un autre chemin que celui du monde, c’est accepter d’être à part comme des fleurs sauvages.


Tout repose sur la foi

"Fais grandir en nous la foi !" : il nous faut entretenir cette foi afin qu’elle grandisse en nous. Dieu ne choisit pas d’autres moyens que nos vies pour accomplir son œuvre. Ce que nous ne faisons pas, nul ne le fera pour nous. On peut bien appeler de ses vœux la paix, la justice. Mais si nous n'y travaillons pas, en cherchant à communier à la grâce agissante de Dieu dans le monde, alors cela ne sert à rien.


Au jour de Noël, le pape Léon disait ceci au monde : "Sœurs et frères, voici le chemin de la paix : la responsabilité. Si chacun — à tous les niveaux —, au lieu d’accuser les autres, reconnaissait d’abord ses propres fautes et demandait pardon à Dieu, et en même temps se mettait à la place de ceux qui souffrent, se montrait solidaire des plus faibles et des opprimés, alors le monde serait meilleur.

La paix ne peut venir que du travail des peuples et de l’initiative de chacun, lorsqu’il rompt avec les habitudes de querelle, de rejet, d’arrogance. Il prend le risque de devenir au milieu des siens un être différent, que l’on regarde goguenard et méprisant. En renonçant à avoir fière allure devant les hommes, on prend un risque. C’est ce risque que nous pouvons nous souhaiter au seuil de l’année à venir : ne pas avoir peur d’être "à part", non en nous retranchant du monde, mais en y laissant apparaître une couleur autre, en y infusant un parfum autre. Le Pape encore, poursuivant sur la paix, concluait son adresse aux hommes par ces mots d’un poète israélien, Yehuda Amichai : 

"Qu'elle vienne

comme les fleurs sauvages, 

à l'improviste, car le champ 

en a besoin : une paix sauvage."

Ce sont les fleurs sauvages qui font la beauté du champ, et qui lui donnent surtout de pouvoir vivre. Belle et sainte année qui nous donnera le temps d’être ces signes de vie si précieuses pour tous.

P. Benoît de Sinety, curé-doyen de la ville de Lille.

fr.aleteia.org 28/12/2025

  

6 janvier 2026

JOB ET LA SOUFFRANCE DE L'INNOCENT

 

Crans-Montana, Suisse, le 1er janvier 2016

La souffrance devient un espace de solidarité

Le Livre de Job est un des grands livres de la Bible. Il peut rejoindre chacun, croyant en Dieu ou non, car il tourne autour de la question du mal et de la souffrance de l’innocent. Cette souffrance nous parait d’autant plus scandaleuse, à vues humaines, si l’on croit en Dieu. Comment un Dieu bon peut-il permettre cela ? Le théologien péruvien Gustavo Gutierrez, auteur d’un livre intitulé Job. Parler de Dieu à partir de la souffrance de l’innocent, écrit : « Depuis des siècles, la figure de Job clame le mystère de la souffrance de l’innocent face à Dieu. Car Job est un croyant rebelle. Rebelle à la souffrance innocente, à une théologie qui la justifie et même à l’image de Dieu que présente cette théologie. La douleur humaine est le terrain dur et exigeant sur lequel se joue le langage sur Dieu, et c’est elle qui en assure la portée universelle ».

Job ne livre pas l’explication de l’origine de la souffrance ; il incarne plutôt une expérience où la douleur fait naître une réponse face à l’énigme du mal : la souffrance devient un espace de solidarité, où l’homme partage la condition douloureuse de son frère et s’humanise dans la compassion. 

Quand l’angoisse est là et que les ennemis semblent se multiplier, le cœur se tourne vers le Seigneur pour trouver protection et force. La prière devient refuge et repos, un souffle de confiance qui soutient l’âme au milieu des épreuves. Même dans la détresse, la présence de Dieu éclaire et relève celui qui s’abandonne à lui.

Frère Jean-Jacques Pérennès, dominicain

Prier dans la Ville et l'École biblique de Jérusalem

FOI EN LA VOIX DE L'AUTRE



La foi, ça commence quand on ne voit pas


Marie voit que la pierre du tombeau a été roulée ; l’autre disciple voit les bandelettes, mais n’entre pas ; Pierre voit les bandelettes et entre ; l’autre disciple entre à son tour, il voit et il croit.

Quatre regards dont le dernier est le regard de la foi.

Qu’on vu les disciples ? Rien.

Il n’y avait rien à voir.

Souvenons-nous, comme saint Paul sur le chemin de Damas, quand il se releva après sa chute et qu’il ne vit rien. « Et ce rien était Dieu », avait commenté Maître Eckhart.

La foi, c’est quand il n’y a rien à voir. Rien, sinon, comme ici, un trou. Trou dans le rocher. Trou dans la poitrine de Jésus. La foi repose sur une béance, une faille.

La foi, ça commence quand on ne voit pas, quand il n’y a rien de spectaculaire. Quand on se met en route et qu’on sait où on va, par où on va passer, combien ça va durer, ce n’est pas de la foi, c’est du tourisme. Abraham a eu la foi comme personne. Sauf comme Jésus. C’est pourquoi Jésus a dit de lui qu’il était son contemporain (« Abraham a vu mon jour »Jn 8, 56). C’est bien ce qu’a compris saint Paul (cf. Rm 4). Abraham a eu foi en la voix de l’Autre.


Dominique Salin, jésuite, docteur en théologie, professeur honoraire des Facultés Loyola de Paris.

"Une retraite selon l’Évangile", extrait 

MAGNIFICAT 

4 janvier 2026

LE CIERGE, CRI DU COEUR

 


Le cri du cœur de celui qui ne sait pas comment  s’adresser à Dieu 

Dans cette église de centre-ville, les cierges sont une véritable industrie. Impossible de les manquer : ils sont disposés à l’entrée de part et d’autre de l’allée centrale. Il suffit d’en choisir un, de glisser une offrande dans le tronc et de l’allumer dans la chapelle dédiée au saint. La votive, c’est la prière du pauvre de cœur, de celui qui n’ose pas entrer dans l’église. Quand on n’y est jamais entré et qu’on n’a pas les codes, la maison de Dieu est intimidante. Que faut-il faire une fois passé la porte ? Quelle est cette table tout au bout ? Et lumière rouge, pourquoi est-elle allumée à cet endroit ? Quand tous les chrétiens sont là, que des chants s’échappent, c’est pire car : « Ils savent leur catéchisme et moi je n’y connais rien. » Et cet homme en noir qui vous salue. On lui a dit : « Bonjour monsieur » poliment, mais qui est-ce ? Pourtant, il faut entrer. Il faut entrer quand on a reçu une tuile sur la tête et qu’on ne voit aucune issue. Le cierge est le cri du cœur de celui qui ne sait pas comment on s’adresse à Dieu pour lui demander de l’aide. Il prolonge la prière quand on n’a pas beaucoup de temps. Il fait partie du culte rendu à Dieu, comme si les personnes qui les allument prolongeaient sans le savoir des pratiques ancestrales.

Bénédicte de Saint-Germain, autrice

Le club des saints minuscules, ed. Cerf, p. 20

2 janvier 2026

MARIE MÉDITAIT



« Je te donnerai des trésors secrets, des richesses cachées. » (Isaïe 45, 3) 

Mystère de la prière. Quand nous nous mettons en retrait, quand nous ouvrons notre cœur à Dieu, quand nous lui demandons d’éclairer ce que nous ne comprenons pas, une douce et lente alchimie se réalise. Les événements et les paroles se décantent. Petit à petit, nous voyons les choses sous un autre angle, dans une autre lumière. C’est l’Esprit Saint qui est à l’œuvre dans notre âme.


Marie avait l’habitude d’accueillir l’œuvre de Dieu en elle. Elle ne s’était pas laissé transformer par l’Esprit Saint une seule fois, le jour de l’Annonciation. Non, elle a toujours gardé le cœur ouvert à Dieu. Dieu a fait en elle sa demeure, dès lors il l’a guidée, éclairée et instruite. Quand j’entends ce tendre verset : « Marie conservait avec soin toutes ces choses en son cœur, elle les méditait », je pense à ces mots de Dieu murmurés au prophète Isaïe : « Je te donnerai des trésors secrets, des richesses cachées. » (45, 3) Ces trésors secrets, ces richesses cachées, ce sont les épiphanies de Dieu dans notre cœur, la merveilleuse manifestation de sa présence au plus intime de nous-mêmes.

Frère Philippe Verdin  - Luc 2, 16-21

prierdanslaville.org

*****

Croire dans le Christ, c’est s’ouvrir à ce souffle divin qui demeure en nous pour être la respiration de notre existence. Rien n’est absolument vrai que cette demeure en nous de Dieu par son Esprit d’amour. Rien n’est absolument vrai dans nos vies que ce qui est habité par cette présence divine de l’Amour. Plutôt que de nous étourdir dans le mouvement effréné de ce qui passe ou de désespérer d’une existence sans avenir, nous sommes appelés ainsi à demeurer en celui qui habite notre propre cœur.

Frère Olivier-Marie, prieur du couvent d’Avon, de la Province de Paris. 

MAGNIFICAT 

1 janvier 2026

EN SIGNE D'AMITIÉ ET D'ESPÉRANCE

 


Je voudrais vous souhaiter une année de curiosité et de culture pour tous.

Si nous nous souhaitons de bonnes et belles choses en ce début d’année, ce sont des signes d’amitié et d’espérance. Le monde, nous le savons, ne sera pas meilleur et il suffit de regarder notre histoire commune pour constater la succession de périodes tendues, orageuses, difficiles, mais notre histoire est très partiale : on ne raconte pas ce qui est beau, les joies, les partages et l’amitié.

Pour aller plus loin, que se souhaiter ? Mille joies et la santé, bien sûr mais je voudrais vous souhaiter une année de curiosité et de culture pour tous et voici pourquoi. Éveiller les esprits, créer des envies de connaître, comprendre, fouiller dans les sciences, la littérature ou l’art, permet de vivre mieux, de trouver des échappatoires à la vie quotidienne et éclairer celle-ci. Un individu cultivé saura argumenter en cas de conflit, faire valoir le pour et le contre alors qu’une personne qui ne possède que deux cents mots de vocabulaire en viendra plus rapidement aux mains, faute de pouvoir exprimer ses sentiments et son ressenti. La guerre est un fruit vénéneux de l’inculture.

Que cette année soit une année de culture : la délinquance, les incivilités diminueront. Que cette année soit une année de curiosité et de soif d’apprendre : les tribunaux et les prisons seront moins sollicités. Que cette année soit une année de culture : ce sera une année de joies !

Jean-Étienne Rime, chroniqueur à aleteia

fr.aleteia.org

30 décembre 2025

THÉRÈSE DE LISIEUX AUX DEUX MIRACLES




Dieu ne choisit pas ce qui brille 

Il aura fallu deux miracles pour que nous puissions nous appuyer aujourd’hui sur l’amitié d’une immense sainte et Docteur de l’Église : Thérèse de Lisieux.

 

Le premier eut lieu à Noël 1886. Thérèse raconte que, blessée par une parole de son père, elle monte se réfugier dans sa chambre. Elle en redescend quelques instants plus tard, définitivement transformée. « J’étais vraiment insupportable par ma trop grande sensibilité… En cette nuit lumineuse Jésus me rendit forte et courageuse. Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m’oublier pour faire plaisir, et depuis lors je fus heureuse ! »

 

Le deuxième miracle, le trésor de la petite voie accessible à tous ? Cette voie, née cette nuit de Noël, conduit à Dieu qui ne choisit pas ce qui brille, mais trouve sa joie dans les replis les plus obscurs de nos cœurs fatigués. Thérèse en fut bouleversée : dès lors, elle ira elle aussi chercher dans l’humble quotidien, la joie même de Dieu pour la donner au monde.

  

Hélène Bagot, conseillère liturgique 

lejourduseigneur.org

27 décembre 2025

À NOËL, L'ESPÉRANCE NE FAIT QUE COMMENCER

 



J’allume une bougie dans ma vie intérieure et décide de la protéger du vent ! 

Espérant… mais pas pratiquant, comme on dit croyant et pas pratiquant ? L’espérance ne se mérite pas, mais se renforce en se pratiquant. Il s’agit de voir au-delà des difficultés immédiates de l’année qui vient. L’espérance est à la fois un don et une pratique : quelque chose que nous recevons mais que nous cultivons également par un effort intentionnel. Ainsi le temps de Noël n’est pas la fin du calendrier de l’Avent, mais une espérance qui ne fait que commencer : il devient un état intérieur, une manière de marcher vers la lumière et de l’offrir aux autres.

Je ne cours plus partout et je ralentis pour chercher l’essentiel, plus important que l’urgent. Ma prière se fait régulière, plus simple, dans la patience. J’allume une bougie dans ma vie intérieure et décide de la protéger du vent ! Je deviens dans le quotidien capable de poser un regard bienveillant sur quelqu’un, de donner une parole qui relève, un geste simple qui crée un peu de chaleur autour de moi, une présence qui transforme l’atmosphère. Chercher quelqu’un pour trouver de l’encouragement, ou à l’inverse en donner à quelqu’un ; se faire une « ancre d’espérance » avec un rituel établi, prière, messe, pratique spirituelle. Le monde n’est pas condamné à la froideur ; la bonté peut encore prendre racine. 

Aujourd’hui, des murs entiers s’effondrent en faisant beaucoup de bruit, mais de l’herbe continue à pousser en silence. Le bateau peut couler, comme le Titanic, des chaloupes sont là sur l’océan avec les sauvés, et le capitaine est dans la barque.  « Le découragement est encore de l’orgueil », disait Thérèse de Lisieux, car c’est croire à ses propres forces et non à la promesse de Dieu. « N’ayez pas peur d’entrer dans l’espérance », dirait saint Jean Paul II, et « c’est l’espérance qui nous rend chrétiens », disait saint Augustin.

P. Michel Martin-Prével, prêtre de la Communauté des Béatitudes

fr.aleteia.org



25 décembre 2025

L'ENFANT-DIEU

 

Enfant de Lumière, Lumière du monde

" Fêter Noël ne signifie pas forcément être dans la joie forcée : il suffit parfois de  laisser le mystère de l’Incarnation de cet Enfant illuminer doucement le cœur."


Bérengère de Charentenay, conseillère conjugale et familiale 

Comment accueillir la joie de Noël quand on ne la ressent pas ?

fr.aleteia.org 19/12/2025

24 décembre 2025

CE QUE NOUS DIT LA CRÈCHE

 




Celui qui vient ne partira jamais. Il est avec nous jusqu’à la fin des temps.

Joyeux Noël

La crèche n’est pas une réponse. Elle est un témoignage. Le témoignage de celui qui vient. Dans les frimas de l’hiver, dans l’indifférence des foules, dans la solitude du cœur en exil, il y a l’odeur forte de la vie. Odeur de la paille, odeur des bêtes et des bougres bergers que nul froid ne saurait empêcher d'exhaler. Il y a les premiers sons d'un enfant que nul silence ne parvient à faire taire. Elle est cet espace qui peut tout contenir, tout recueillir, tout entendre et tout révéler. 

Ne la cantonnons pas à la joyeuse attente des enfants sages. Elle est bien plus que cela. Elle est le lieu où le pauvre peut encore espérer, le spectacle offert où chacun tient une place sans être spectateur. La crèche est le message confié aux croyants pour que celui qui tremble d’être abandonné reçoive l’assurance que Celui qui vient ne partira jamais. Qu’il est avec nous jusqu’à la fin des temps, et qu’il nous sauve déjà et demain de toute morsure des hivers de la vie. Elle est la certitude que nous ne serons jamais seuls. 

Benoît de Sinety, prêtre du diocèse de Lille

fr.aleteia.org

22 décembre 2025

ON A LE DROIT DE VIVRE NOËL AU RALENTI, ...




... et s’autoriser la simplicité de la crèche. 

"Beaucoup me disent que Noël est la pire période de leur vie", ( Don Paul Denizot, sanctuaire de Montligeon). Ce n’est pas tant la Nativité en elle-même qui blesse, mais l'effervescence commerciale autour de la fête de Noël. La souffrance s'amplifie à Noël car elle est souvent alimentée par une ambiance artificielle. Et quand on est seul ou mal, l’écart entre sa propre réalité et ce que la société impose paraît immense. Pour beaucoup, participer à cette agitation paraît tout simplement impossible. 

Noël peut se transformer en un temps pour prendre soin de celui qui souffre. Une présence discrète, un appel, une écoute respectueuse, un message le jour même, ou même une visite à l’hôpital, peut changer profondément le vécu d’une personne en souffrance.

On a le droit de vivre Noël au ralenti, de s’autoriser la simplicité de la crèche. Quand on souffre, contempler l’Enfant dans la crèche aide à rencontrer Dieu, qui sait que l’on va mal. C’est ainsi qu’un 25 décembre, Nicolas, 25 ans, fraîchement séparé de son amie, a vécu une rencontre qui a transformé la manière de vivre Noël. "J’étais très fragilisé par ma séparation et je n’avais même pas envie de rester à table avec ma famille, se souvient-il. Je suis sorti faire une balade et j’ai rencontré une personne sans-abri. Nous avons bavardé, il se sentait seul aussi et voulait aller à la messe. J’ai décidé de l’accompagner. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais c’était la plus belle messe de Noël à laquelle j’aie assisté."

Anna Aschkova, journaliste russe

Comment accueillir la joie de Noël quand on ne la ressent pas ?

fr.aleteia.org 19/12/2025