C’est en hiver que le gui prend toute sa signification. Alors que dans la nature toute vie semble avoir disparu, c’est aux environs du solstice d’hiver (22 décembre) que les petites baies sphériques du gui arrivent à maturité.
L’hiver dans les rythmes de la nature appartient à Saturne, période sombre où la lumière extérieure manque. Bien que les plantes aient disparu de la surface du sol et que les arbres ne portent plus de feuilles, la vie est toujours là, mais elle a pris un chemin intérieur, souterrain. L’énergie vitale se prolonge au sein des racines ou des graines dans l’attente du renouveau printanier.
La saison hivernale est un moment d’intériorisation que l’on peut observer dans la nature mais aussi en nous-même. Notre état de conscience change, en nous invitant à nous rapprocher de notre Être profond, à nous plonger au fond de nous-même.
A la différence de l’été où la vie se manifeste avec exubérance, l’hiver nous ramène à l’essentiel. C’est donc à ce moment très particulier du solstice d’hiver que le Gui manifeste toute sa vitalité, contraste étrange dans ce sommeil hivernal.
Symbole de renouveau, de régénération, le gui est associé au début de l’année. La coutume du Gui-l’An-Neuf est demeurée vivace dans toutes les provinces de France. Lors de la Saint-Sylvestre, on échange des vœux à minuit, au moment précis où commence l’année nouvelle, sous une touffe de gui bien garnie de fruits.
Le dernier jour de l’année avait lieu l’offrande du gui par les jeunes, aux aînés, parents ou patrons, qui y répondait en faisant des cadeaux. On prononçait alors la formule : « salut à l’an neuf, donnez-moi du Gui-l’An-Neuf ».
Curieusement, le nom porté par ce pape du IVe siècle, Sylvestre, semble vraiment approprié pour une fête qui célèbre la survie de l’esprit de la forêt, sous la forme du gui.
"Le gui, une lumière sylvestre" (extrait)
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Sylvestre, fils du prêtre Rufin, était un romain, mais ses origines sont obscurcies par toutes sortes de légendes. Sa mère, Justa, confia son éducation au prêtre Cyrinus. Il n’est pas douteux qu’il s’est bien conduit pendant la persécution de Dioclétien (284-305), ce qui lui a valu le titre de « très glorieux. » Il pratiqua l'hospitalité avec le plus grand courage en hébergeant un chrétien d’Antioche, Timothée, qui après avoir fait beaucoup de conversions fut décapité sur l'ordre du préfet de la ville, Tarquinius ; Sylvestre emporta le corps du martyre et, avec le pape Miltiade, il l'ensevelit près du tombeau de saint Paul, dans le jardin d'une pieuse dame, Théona. Tarquinius fit alors arrêter Sylvestre, le somma de livrer les biens de Timothée et d'apostasier. Sylvestre refusa et fut envoyé en prison (...). Le pape Miltiade l'ordonna prêtre.
Elu à la succession de Miltiade, Sylvestre fut pape pendant près de vingt-deux ans (du 31 janvier 314 au 31 décembre 335) sous le règne de Constantin le Grand (306-337), gouvernant l’Eglise à l’époque où elle passait de la persécution au pouvoir ; cependant, il semble n’avoir joué qu’un rôle insignifiant dans les grands événernents en cours. (...) Le pape Sylvestre organisa parfaitement le service des pauvres. (...)
Saint Sylvestre mourut à un âge avancé et fut enterré dans le cimetière de Sainte-Priscille sur la Via Salaria (31 décembre 335).
Extraits de la biographie de saint Sylvestre, pape au IVème s.
missel.free.f
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