9 décembre 2015

PRIER POUR UN TERRORISTE DE DAESH



Enfant jihadiste en Irak
Initiée par une jeune catholique, la chaîne de prière « Adopte un soldat de Daesh » invite les catholiques à prier pour un terroriste, à lui donner un nom et à l’adopter, à l’aimer comme un enfant de Dieu qui s’est perdu… Une démarche difficile, dont beaucoup ne se sentent pas capables. Mais qui a pourtant déjà su convaincre plus de 14 000 personnes.
« Les attentats du 13 novembre ont montré l’urgence de faire quelque chose ».
Et les réactions y sont nombreuses. Beaucoup y voient une façon d’agir de façon concrète. Il s’agit non seulement de prier pour un soldat de l’État islamique mais de l’aimer, de l’adopter, en écho à l’appel du Christ : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent » (Lc 6, 27).
« Quand on a été confronté à cette cruauté, je respecte infiniment qu’on ne se sente pas capable de prier pour ces terroristes. Tout le monde n’est pas appelé à adopter un soldat. Mais je crois que céder à la haine, c’est les faire gagner, c’est ce qu’ils veulent. Pour aimer, il faut aller chercher au fond de nos tripes. Cette démarche, si elle est faite en vérité, est extrêmement difficile. »
Un enfant de Dieu qui s'est perdu
(...) Leur espérance, c’est qu’un jour leurs “fils ou filles adoptifs” se convertissent, changent leur cœur et reviennent comme le Fils Prodigue de la parabole. Ils ne sont pas naïfs pour autant : « Ce sont des actes atroces, injustes, inacceptables. Mais tout en regardant cette réalité en face, j’ai choisi de regarder cette personne créée par Dieu. Je ne vais pas ouvrir mes bras à quelqu’un qui arrive avec sa kalachnikov en voulant me tuer. Mais si un jour cette personne change, je dois être capable de la regarder dans les yeux et de lui dire “je t’aime gratuitement”. »
Impossible, pour Céline, de s’approcher d’un soldat de Daesh et de prier pour lui si on ne regarde en lui que le meurtrier. Elle appelle à se souvenir qu’il est un enfant de Dieu qui s’est perdu.
Elle s’émerveille de toutes les personnes qui partagent leur enthousiasme pour cette démarche : « Beaucoup me disent que cela leur a permis de dépasser leur peur, cela leur a rendu la joie, la force, l’espérance ». Beaucoup expriment leur gratitude, comme cette dame qui a confié s’être confessée et avoir communié avant de recommencer à prier. Ou cette autre qui, très agressive dans un premier temps, a finalement décidé d’adopter un soldat. D’autres continuent de rejoindre le mouvement, et des pages se traduisent en anglais, en allemand, en tchèque, en espagnol, en portugais, en italien… « Notre force, estime Céline, c’est notre amour et notre unité. »
Comment ne pas penser à la prière de saint François ? « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où est la haine, que je mette l'amour. Là où est l'offense, que je mette le pardon. »

Chaîne de prière initiée par Céline, une jeune catholique
"Adopter un soldat de Daesh : l’amour plus fort que la haine" 25/11/2015
famillechretienne.fr

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Une fleur,  si vous l’écrasez sous vos pieds,  « se venge » en vous donnant son parfum. Ainsi nos martyrs, en échange des tortures, donnent de l’amour.

Richard Wurmbrand,  1909-2001, juif converti au christianisme, pasteur protestant

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"Pour choisir dans la vie de chaque jour la miséricorde,  il faut accepter de l’aimer. (...) Je sais que la miséricorde  aimée  pour elle-même, véritablement et pleinement vécue, est la seule force  totalement  révolutionnaire  au  monde.  Oui, contrairement à tout ce que nous sommes habitués à  penser,  rien  n’est  plus  efficace,  rien  n’est  plus violemment contestataire que la miséricorde vécue jusqu’au bout, car elle décape tout jusqu’à la racine. Et  à  celui  qui  opposerait  encore  ici  l’objection  de son efficacité,  je dirais que seuls ceux qui prennent carrément et totalement cette voie de la miséricorde sont contagieux pour tous les temps et tous les hommes, eux seuls ébranlent le monde.

P. Bernard Bro, dominicain, professeur de théologie
Extrait des conférences de carême sur la "Miséricorde divine" à Notre-Dame de Paris, 1978
cité par le P. Thierry-François de Vregille, Avignon
in " La Miséricorde",  à paraître aux éd. Parole et Silence -CH





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