16 décembre 2015

LE SOUCI DU PAUVRE



Les Petits Frères des Pauvres


(...) Une Église en gestation à l'image de Marie n'a pas la prétention de détenir la clé de tous les problèmes. Mais elle peut humblement rappeler au monde de ce temps que finalement c'est le souci du pauvre qui fait les sociétés vraiment humaines, et cela dans la mesure où les plus démunis désignent le meilleur de la vocation humaine qui est de se dépasser. 
(...) Penser l’Église comme réalité vivante en gestation ne transforme pas le témoignage chrétien en long fleuve tranquille ou en marche victorieuse.
(...) J'ai la conviction que ce que nous vivons aujourd'hui est un bouleversement bien plus radical que ce que certains ont cru voir dans les grandes cassures que furent la Révolution Française, la crise du début du XXe siècle (avec la séparation de l’Église et de l’État) ou encore les tourments de l'après Vatican II. Car ce bouleversement est celui non d'abord de l’Église mais celui d'une civilisation. L’Église n'est pas une île. Elle partage les convulsions d'un monde que les révolutions technologiques ont transformé radicalement.
(...) En réalité, il est possible que ces évolutions rapides et parfois déroutantes, contribuent à la disparition de certains écrans, voire de certains obstacles que nous avons construits, ou surtout dont nous avons hérité de la longue marche de l’Église au long des siècles. Dans ce contexte, sans peur, ce qui nous est peut-être demandé avant tout : c'est de veiller à ce que les petits ne périssent pas sous les décombres.
(...) Il nous faut peut-être consentir comme Marie à l'Annonciation, à être dérangés par ce que ce qui émerge aujourd'hui sous nos yeux, plus même, non seulement à être dérangés mais à ce que parfois, ce qui arrive suscite en nous des formes de nausées.
Il nous faut consentir à ce que certains vivent l'impatience alors que d'autres trouvent que cela va trop vite.
Il nous faut consentir à ce que la nouveauté prenne son autonomie par rapport à nos désirs de contrôler.
Cela invite à lire les Écritures, en jouant avec ces expériences et cela pour vivre vraiment la réponse de Marie à l'ange qui a guidé toute ma réflexion:  "Que ta Parole s'accomplisse en moi, je suis la Servante du Seigneur".

F. Patrick Prétot, osb, Institut Supérieur de Liturgie, Institut Catholique de Paris, Directeur de la Maison Dieu. 
Extraits de " Avent : l'Eglise en gestation " 13/10/2015
croire.com

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(...) Et « quand un pauvre crie, Dieu entend. Il le sauve de toutes ses angoisses ». Toujours. Je suis vraiment croyant quand, dans une situation délicate, dans laquelle je risquais de me fourvoyer, je deviens humble, pauvre comme David. 
Ma peur m’a fait crier vers le Seigneur, mais plus forte que la peur, c’est le cri de ma grande confiance. Et le Seigneur m'a répondu. Rarement comme je l'aurais imaginé. Il me montre alors que parmi des milliards d'autres humains, il prend soin de ma petite personne. « En fait, disent les maîtres spirituels, tant que tu n'as pas crié, tu n'as pas vraiment prié. » Et lorsqu'il a répondu à ton cri, tu peux dire comme David : « Je bénirai le Seigneur en tout temps », de nuit comme de jour. « Sa louange sans cesse à mes lèvres », dans le bonheur ou dans les épreuves.

Nicolas Rousselot, Jésuite
Extrait de la méditation du 15/12/2015
signedanslabible.org

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