17 décembre 2015

"IL FAUT DU COURAGE POUR PARLER DE LA JOIE"


Image by Shah Zaman Baloch, Pakistan


L'Avent oriente notre regard vers Noël, désormais proche. Nous ne pouvons pas nous laisser prendre par la fatigue; il ne nous est permis aucune forme de tristesse, même si nous en avions des raisons à cause des nombreuses préoccupations et des multiples formes de violence qui blessent notre humanité. Mais la venue du Seigneur doit remplir notre cœur de joie. « Dieu protège » son peuple. Dans un contexte historique de graves abus et de violence, surtout de la part d’hommes de pouvoir, Dieu fait savoir qu’il règnera lui-même sur son peuple, qu'il ne le laissera plus à la merci de l'arrogance de ses gouvernants et qu'il le délivrera de toutes ses angoisses. Aujourd'hui il nous est demandé de « ne pas baisser les bras » (cf. So 3,16) dans le doute, l'impatience et la souffrance.
(...) Nous devons toujours nous réjouir et, avec affabilité, donner à tous le témoignage d’un Dieu qui est proche et qui prend soin de chaque personne. (...) Il nous est demandé d'être des instruments de la miséricorde, sachant que nous serons jugés sur cela. (...) La foi dans le Christ nous engage sur un chemin qui dure toute la vie : être miséricordieux comme le Père, accueillir, pour en témoigner, un amour qui va plus loin que la justice, un amour qui ne connaît pas de limites malgré nos contradictions.
*
Cette question – que devons-nous faire ? – nous sentons qu’elle est aussi la nôtre. La liturgie d’aujourd’hui nous redit, avec les paroles de Jean, qu’il faut se convertir, il faut orienter nos pas dans une autre direction et emprunter la voie de la justice, de la solidarité et de la sobriété : ce sont les valeurs incontournables d’une existence pleinement humaine et authentiquement chrétienne. Convertissez-vous ! Telle est la synthèse du message du Baptiste. Et la liturgie de ce troisième dimanche de l’Avent nous aide à redécouvrir une dimension particulière de la conversion : la joie. Celui qui se convertit et s’approche du Seigneur, éprouve de la joie. Le prophète Sophonie nous dit aujourd’hui : « Réjouis-toi, fille de Sion ! » en s’adressant à Jérusalem (So 3,14) ; et l’apôtre exhorte ainsi les chrétiens de Philippes : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur » (Ph 4,4).
Aujourd’hui, il faut du courage pour parler de la joie, il faut surtout la foi ! Le monde est assailli de tant de problèmes, l’avenir est lourd d’inconnues et de craintes. Et pourtant, le chrétien est une personne joyeuse et sa joie n’est pas quelque chose de superficiel et d’éphémère, mais de profond et de stable, parce que c’est un don du Seigneur qui remplit la vie. Notre joie découle de la certitude que « le Seigneur est proche » (Ph 4,5) : il est proche avec sa tendresse, avec sa miséricorde, avec son pardon et son amour.
Que la Vierge Marie nous aide à fortifier notre foi, pour que nous sachions accueillir le Dieu de la joie, le Dieu de la miséricorde, qui veut toujours habiter parmi ses enfants. Et que notre Mère nous enseigne à partager les larmes de ceux qui pleurent, pour pouvoir partager aussi leur sourire.

Extrait des paroles du pape François avant l’angélus 
" Aujourd'hui, il faut du courage pour parler de la joie "
zenit.org 14/12/2015

Aucun commentaire: