23 novembre 2015

NOS VALEURS DOIVENT ÊTRE RESPECTABLES


Image: Reza, webistan.com

Quelle que soit la communauté à laquelle ils appartiennent, la ferveur de ces croyants m’émeut profondément, collective ou intime. J’aime attester de ces moments où l’être humain semble se révéler. Je trouve une sorte de sérénité et de retenue dans les détails d’une main qui se serre sur un livre sacré ou sur un chapelet…
J’aime ici la douceur gracieuse de cette petite fille que les bras de sa grand-mère accompagnent dans le pèlerinage célébrant saint Georges. Elle protège de ses mains délicates une bougie en cire d’abeille, allumée en souvenir de ce saint pourfendeur de dragons, vénéré aujourd’hui par chrétiens et musulmans. De ses yeux d’enfant et de la flamme fragile de cette bougie me reste la certitude que la tolérance tisse les liens ineffables d’une Humanité plurielle.

Une exposition de Reza Deghati, photographe, au siège des Nations Unies, à New York et à l’UNESCO, à Paris, au Parlement Européen à Bruxelles et au Centre Culturel d’Azerbaïdjan.
27/09/2013
webistan.com

*****

"Pour être tolérant, il faut poser les limites de ce qui n'est pas tolérable."
Umberto Eco, érudit et romancier italien

*****

À l’origine, le mot "transgression" signifie « enfreindre , dépasser une loi, un interdit ». (...)
Le sens du mot transgression ne devrait donc pas être « franchir des bornes », mais violer une loi symbolique, appelée Loi divine par les croyants. Cette loi symbolique est, pour les anthropologues et les psychanalystes, celle des interdits fondamentaux structurant l’émergence d’une humanité dans l’homme : inceste, cannibalisme, meurtre. Il y a donc des transgressions avec un petit « t », qui ne sont pas négatives par principe et peuvent même parfois être justifiées, et il y aurait des transgressions avec un grand « T », qui portent atteinte à l’humanité des hommes.
(...) Aujourd’hui, le danger qui guette la société civile, c’est non seulement l’oppression, mais aussi la destruction de la condition humaine. Elle peut se tapir n’importe où, pas moins dans des formes d’apparences progressistes. 
Les milieux libertariens estiment que tout est permis à partir du moment où il y a consentement individuel, comme si l’homme n’était pas habité par des pulsions de mort et de destructivité, ou par ce que le langage religieux appelle le péché.
L’expérience du siècle passé avec ses épouvantes destructrices a démenti les promesses naïves du progrès. Avec les Lumières s’est répandue l’opinion selon laquelle Dieu est un événement qui n’a pas eu lieu. (...) L’événement biblique a, lui, bel et bien eu lieu. (...) Il met en mots le « manque à être », c’est-à-dire l’incomplétude structurelle de l’homme. Il fait l’inventaire de ses déboires, de ses impasses et des errements qui en résultent. (...) Cette révélation-ci n’est pas achevée. Elle ne nous tient pas quittes de la question mise dans la bouche de Dieu, une question restée à ce jour sans réponse et dont le retentissement est comme étouffé et ignoré dans la fuite mortifère et précipitée de notre époque : « Où es-tu ? » (Gn 3, 9). 

Gérard Rabinovitch, philosophe, sociologue, directeur de l’Institut européen Emmanuel Levinas
"Notre époque a la phobie des limites" (extraits)
croire.com 13/11/2015

*****

(...) Nos ennemis nous détestent, ainsi que nos valeurs. Nous devons nous défendre mais également nous faire respecter. Pour cela, nos valeurs doivent être respectables. Le sont-elles toujours ? Reconnaissons qu’à travers un certain nihilisme, une fermeture dépressive à la transcendance et une certaine décadence, nous prêtons aussi le flanc à leur rejet.
La paix commence dans notre cœur. Cette paix, nous devons en témoigner et la partager avec nos concitoyens. Nous devons bien entendu la manifester également à ceux de confession musulmane, sans doute encore plus maintenant qu’auparavant.
Au milieu de ces épreuves, nous ne pouvons pas non plus oublier tous nos frères qui souffrent pour le Nom du Christ à travers le monde (Pakistan, Chine, Nigeria, Irak, Syrie, Corée du Nord et tant d’autres….). Ils nous avaient prévenus, surtout ceux qui sont en Orient, que la violence risquait de nous atteindre. Nous pouvons apprendre d’eux comment répondre à cette violence et malgré tout, conserver l’espérance.

Marc Fromager, journaliste
Extrait de "Nos frères qui souffrent nous avaient prévenus, qu’attendons-nous pour nous réveiller ?" 20/11/2015
fr.aleteia.org 

Aucun commentaire: