24 novembre 2015

DIEU ET LA CONSCIENCE HUMAINE


Image: Reza Deghati, webistan.com

Le message évangélique [est dans] la manière de faire de Jésus et des apôtres : "Avec courage, ils annonçaient à tous le dessein de Dieu Sauveur ; mais en même temps, vis-à-vis des faibles, même vivant dans l’erreur, leur attitude était faite de respect, manifestant ainsi comment “chacun d’entre nous rendra compte à Dieu pour soi-même" (Romains 14,12) et, par conséquent, est tenu d’obéir à sa propre conscience".
La vérité ne s’impose jamais par la force, sinon par la force (de conviction) de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance. Pour fonder cette affirmation, les évêques se réfèrent à la relation mystérieuse entre Dieu et l’homme. Une relation qu’il faut bien comparer à un dialogue entre des amis : Dieu ne présentant pas quelque chose (ceci ou cela, ce que je pourrais lui demander), mais se donnant lui-même (rien de plus et rien de moins) et attendant, avec beaucoup de patience, que l’homme consente à se donner à lui (...). La liberté de conscience est donc la condition absolue pour que l’homme puisse entrer avec Dieu dans une relation libre, digne de Dieu et de l’homme : Dieu a créé l’homme, tous les hommes pour qu’ils puissent chercher et trouver la vérité. L’obligation morale ne porte donc pas immédiatement sur l’adhésion à la vérité catholique, mais sur la recherche responsable de la vérité. Comment chercher la vérité de manière responsable, dans le dialogue et le débat avec l’autre, dans un régime politique qui l’imposerait toute faite ?
La "liberté religieuse" est définie par le Concile comme "immunité de toute contrainte", que cette contrainte soit imposée par la société, par telle communauté ecclésiale ou par telle religion. Elle est la marque la plus grande de la "dignité humaine" et la condition de toute vie religieuse et de toute foi authentique. Les conséquences d’une telle affirmation dans les relations des chrétiens avec les "croyants autrement" et pour la vie quotidienne dans la société moderne sont considérables.
L’opinion publique internationale a reçu ce texte, peut-être le plus important du Concile, avec beaucoup d’estime. 

P. Christoph Thobald, jésuite 
Extrait du commentaire " L'enjeu de la liberté religieuse " 
septembre 2012
croire.com

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