Même si l’Histoire essaie de l’éviter, de l’ignorer (voire de le rejeter), il s’agit d’un aspect essentiel de notre condition humaine: le principal problème auquel nous sommes confrontés vient du fait que l’être humain a oublié qui il était, il a perdu son identité, sa nature.
Chacun d’entre nous se sent bien quand il agit selon les fondements anthropologiques innés dans la nature humaine.
C’est pourquoi nous devons nous poser les questions suivantes: quelle image ai-je de moi? Qu’est-ce que j’aime faire? S’amuser ne consiste pas à dissoudre des liens, à oublier le passé et à prendre des chemins qui ne correspondent pas à la nature humaine parce qu’ils finissent par détruire l’homme.
Depuis Adam et Ève jusqu’à aujourd’hui, nous sommes tous totalement différents. Chaque personne est unique et extraordinaire. Il est important que chacun sache qui il est devant Dieu. Et nous ne nous rendons pas compte que chaque chose que nous faisons a un sens, même infime. Tout au long de notre vie, nous avons tous un désir de joie qui nous vient de l’enfance et qui évolue puisque nous nous développons différemment.
Quand nous parlons de la famille, nous parlons de cette structure dans laquelle l’homme se personnalise et se socialise. C’est le lieu propre et primaire du devenir de l’individu et de la société. L’être humain dans la famille est (ou devrait être) absolument accepté pour lui-même. Ce n’est que si on nous accepte absolument que nous sommes absolument. Être signifie toujours « devant autrui ». La vie est impensable sans relations. Ce n’est que l’intensification des relations qui m’intensifie en tant qu’individu. Nous sommes à la fois être individuel et relationnel, comme le disait déjà Aristote quand il parlait de l’homme comme être politique.
Notre bonheur dépend en grande partie de nos relations. Dans le mésencéphale, des neurones activent la production d’hormones que l’on appelle communément hormones du bonheur. La vie de famille, la reconnaissance du travail d’autrui, un projet mené à bien, etc. déclenchent la sécrétion de ces hormones.
(...) Le manque de confiance en l’avenir avec l’autre personne est une faute : pour générer les hormones du bonheur, pour être heureux, la confiance est fondamentale.
Cette promesse d’avenir peut parfois apparaître à l’homme comme excessive, s’il pense à l’impossibilité d’un amour fidèle et éternel. Face à cette inquiétude, l’Église lui dit, en suivant saint Jean, que l’avenir est illuminé par le Christ, qui est présent dans les amours humaines.
Ignacio Centenera Crespo, sociologue
Crise de la famille ? Non, crise de l’être humain (extraits)
aleteia.org 15/10/2015
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"Si l'individu se laisse si facilement diviser, c'est parce qu'au départ il s'est coupé de son histoire et de sa généalogie, il s'est posé comme un sujet isolé, sans appartenance, sans nom de famille, plus atome qu'autonome, et donc incapable de résister aux sirènes du marché."
Fabrice Hadjadj, philosophe catholique,
in " L'aubaine d'être né en ce temps", éd. de l'Emmanuel
famillechretienne.fr

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