12 novembre 2015

FAIRE NOTRE PART ET CULTIVER L'ABANDON





Le pape François appelle à la joie quotidienne dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Comment entretenir cette joie dans un monde aussi morose et incertain que le nôtre paraît l’être ?
(...) Il faut savoir faire la part des choses dans la surinformation à laquelle nous sommes exposés. Nous passons notre temps à être soumis à des scandales, des injustices, des drames face auxquels nous sommes parfaitement impuissants mais qui nous impliquent malgré tout. Les sites d’information, contraints de faire du volume, nous bombardent de faits survenus dans des pays lointains de milliers de kilomètres, qui nous indignent ou nous attristent, mais auxquels nous serions bien incapables de changer quoi que ce soit même avec la meilleure volonté du monde. Il faut au minimum être conscients de cela et savoir, parfois, fermer nos fenêtres sur le monde extérieur – et notamment Internet et les smartphones – pour nous concentrer sur notre propre monde : nos proches, nos voisins, notre quartier.
(...) Enfin, spirituellement, nous devons cultiver l’abandon. Nous devons faire notre part et remettre le reste entre les mains du Père. J’aime beaucoup les références du Christ aux oiseaux du ciel. Dieu les nourrit, Il s’occupe d’eux (à tout le moins que les hommes ne l’en empêchent pas). L’une des lectures du jour récentes était assez belle en ce sens : « Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu. À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux » (Luc 12, 7). Je pense souvent à ces paroles quand l’inquiétude me prend. Ne cédons pas à l’idéologie de la maîtrise : nous ne pouvons pas tout maîtriser, alors sachons nous abandonner parfois.

Erwan Le Morhedec, dit « Koz », avocat d’affaires, catholique, marié et père de quatre enfants.
aleteia.org Koz toujours 02/11/2015

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