Vous parlez d'honnêteté et de morale. Qui selon vous incarne aujourd'hui ce message et ces valeurs ?
Jérôme Kerviel : Le Pape François représente pour moi une figure -LA figure- morale d’honnêteté et de droiture. (...) De par ses actes et ses actions concrètes, il est évident que le Pape place l’humain au centre de son discours et de son action. Selon moi, la condamnation par le Pape des dérives de la finance internationale, la fermeture de plus de 900 comptes bancaires présentés par la presse comme extrêmement douteux, constituent un acte fondateur, de courage absolu et de clarté dans le chemin qui doit être emprunté pour améliorer la vie des gens. Ce que je ne comprenais pas alors et que je perçois aujourd’hui, c’est que les dérives de la finance, qui profitent à très peu de personnes, nuisent gravement à la vie du plus grand nombre. (...) J’ai foi en cet homme et sa détermination. C’est pour moi l’image d’un phare qui montre un cap, seul à même de moraliser le système et de mettre en échec l’insupportable relégation de l’humain au second plan.
L'affaire Kerviel
aleteia.org
11/02/2014
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Quel regard l'Eglise porte-t-elle sur la cupidité ?
Il est intéressant de retracer l'histoire de la cupidité en relisant les Ecritures. La cupidité est déjà dénoncée par les prophètes de l'Ancien Testament. Rappelons-nous les virulents propos d'Isaïe, de Michée, d'Amos, etc…). Rappelons-nous aussi, bien sûr, ces phrases de Jésus-Christ (Lc 16,13) :" Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l'Argent" et dans ses Béatitudes (Mt5,3): "Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des cieux est à eux". Plus profondément, le Christ a été pauvre lui-même. La racine de cette pauvreté est à saisir dans le mouvement d'abaissement, de sortie de Dieu pour devenir homme: selon Saint Paul (Ph 2,6-8):" lui qui est de condition divine (...) il s'est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes (...) il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, à la mort sur une croix".
La cupidité continuera d'être dénoncée par l'Eglise à travers les siècles, jusqu'à l'enseignement social de l'Eglise, avec encore tout récemment Caritas in Veritate de Benoît XVI et les propos du pape François. En mai, le Pape François a dénoncé le système financier mondial qui
tyrannise les pauvres et transforme les humains en biens de consommation
durables.
aleteia 18/02/2014
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(...) Mais pour faire confiance au Seigneur, il nous faut dabord nous
laisser guérir de notre défiance envers le Dieu rival, jaloux de notre bonheur, cette idole
monstrueuse qui tyrannise notre coeur. (...) Notre-Seigneur ne nous demande pas
de nous retirer du monde (sauf vocation particulière)
pour bannir tout usage de «
l'argent trompeur » (Lc 16, 9). Ce que Jésus récuse,
c'est de servir l'argent et de lui être asservi, au lieu de nous servir de l'argent pour faire le bien.
(...) Cest donc une double idolâtrie que Jésus dénonce, l'une entraînant probablement l'autre: l'idolâtrie d'un Dieu lointain,
exigeant, indifférent aux besoins de l'homme; et l'idolâtrie
de l'Argent. Il n'est pas impossible que la seconde ne soit qu'une compensation
pour l'insatisfaction engendrée par la première. (...) De maître,
l'argent peut devenir serviteur parce que dans son rapport à Dieu,
le croyant est passé
de la servitude au service, de la peur à la confiance filiale. Son souci n'est plus de sauvegarder sa vie - il
sait maintenant qu'il la reçoit à
chaque instant de son Père
comme un don d'amour - mais de travailler pour établir
la justice du Royaume, cest-à-dire de rendre à
chacun ce dont il a besoin afin qu'il puisse vivre dans la
dignité
de fils de Dieu ; à commencer par ceux qui
lui sont les plus proches : ceux qui lui sont confiés et
qu'il est chargé
de servir.
P. Joseph-Marie, Saint Joseph de Mont-Rouge F-34480 Puimisson
homelies.fr

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