"Lorsque l'oiseau se
pose, il n'occupe qu'une branche,
lorsque le cerf étanche sa soif à la rivière, il ne boit pas plus
que son estomac ne peut contenir."
Anthony de Mello 1931-1987 à New York, prêtre
jésuite indien, guide spirituel et psychothérapeute
*****
Le carême est un temps dédié à l’affinement
et à la
purification des sens spirituels et à l’identification
des habitudes ou des schémas
qui les polluent. Ce n’est
pas un temps d’autopunition
ou de refoulement. Spécialement
de nos jours, la psyché humaine
est trop fragile pour un tel traitement. Mais quand un ami prend son courage à deux mains pour nous
dire quelque chose que nous préférerions ne pas entendre,
pour attirer notre attention sur une faute ou une malhonnêteté dont nous nous sommes rendus coupables, ne
somme-nous pas reconnaissants, au fond, de ce témoignage d’amour et d’intérêt pour
notre personne? Ce qui est efficace pour accélérer le cheminement spirituel, ce n’est pas la condamnation
mais la « repentance
». Se
repentir ne signifie pas se sentir coupable – ce qui est une perte de temps et d’esprit – mais être suffisamment honnête, lucide et courageux
pour changer de direction.
(...)
Avant de changer de direction, il vaut
mieux marquer une pause. Le Carême est
avant tout une période
où l’on consacre plus de
temps que d’habitude
aux mécanismes
de la vie spirituelle. Il ne s’agit
pas uniquement de renoncer mais de faire quelque chose en plus ou en moins,
vivre et communiquer plus sainement. Parfois, les deux s’équilibrent harmonieusement.
Les bonnes intentions ont plus de chance,
naturellement, d’être
mises en pratique si elles sont réalistes.
Il vaut mieux ralentir progressivement avant de changer de direction sinon on
risque de faire un tête-à-queue. Le but de la
discipline du Carême est
d’inverser
la tendance réelle
ou implicite au rejet de soi afin que puisse émerger l’expérience de se savoir aimé et de laisser cette expérience nous envelopper.
Cette connaissance (quelle que soit la manière dont elle vient à nous) n’est autre que la « connaissance de Dieu ». Le changement de vitesse est l’immobilité.
C’est pourquoi : "Arrête et sache que je suis Dieu." (Ps 45)
Laurence Freeman osb, extrait de l’enseignement pour l’entrée dans le Carême 2008
seraphim-marc-elie.com
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Bien des gens se jettent sur de multiples
pratiques : ils veulent vivre toute une année de pain et d'eau, ou bien chercher un
autre lieu, courir en pèlerinage;
c'est tantôt
ceci, tantôt
cela.
Moi, je m'en vais vous dire le chemin le
plus court vers Dieu, le plus direct : entre en ton tréfonds ; recherche ce qui s'y trouve, ce
qui s'oppose le plus à ton
progrès et
te retient ; cela, guette-le, et jette cette pierre au fond du Rhin.
Sinon
cours au bout du monde, fais ce que tu voudras, cela ne te servira de rien.
Jean
Tauler (1300-1361), théologien, mystique strasbourgeois
extrait du Sermon 83

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