10 février 2014

AIMONS LES MUSULMANS COMME DIEU LES AIME



By "Le Réseau évangélique suisse", Genève



Devant les violences commises au nom de lislam, on peut être tenté de rejeter les musulmans. Pourtant cette attitude serait injuste au regard de la loi naturelle qui veut lamitié entre les hommes.
Tout être humain, homme et femme, est créé « à limage et à la ressemblance de Dieu » (Gn I, 26 et s.). Cest ce qui lui confère sa qualité de personne. Ainsi, aux yeux de Dieu, chacun est d’égale dignité, et ceci quelle que soit sa condition ou sa religion.
Aimer les musulmans ninterdit pas de porter un jugement critique sur lislam.
Dans le Coran, Dieu ne révèle rien de son mystère damour. Transcendant, dépourvu dimmanence, « impénétrable » et « inaccessible », « Le Dieu du Coran est seulement Majesté et jamais Emmanuel, Dieu avec nous » (Jean-Paul II, Entrez dans lespérance, Plon-Mame, p. 152). Il reste éloigné de ses créatures humaines, impassible face à leur histoire. SIl se réserve la possibilité daimer les hommes, cest dun amour conditionné par leur adhésion et leur fidélité à lislam. Un choix est opéré par le Dieu du Coran qui établit une nette différence entre les musulmans et les « autres », quil nest pas recommandé daimer.
« Ceux qui prennent pour Maîtres : Dieu, son Prophète et les croyants, voilà ceux qui forment le Parti de Dieu et qui seront les vainqueurs » (5, 56).
 « O croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens. Ils sont amis les uns des autres. Celui qui les prend pour amis finit par être des leurs. Dieu ne guidera pas les pervers » (5, 51).
Porter un regard lucide sur les textes fondateurs des musulmans (Coran, Sunna, biographie de Mahomet), qui peuvent légitimement effrayer, choquer ou déranger, et oser interroger les musulmans sur ces points, ce nest pas manquer à la charité envers leurs personnes. Cest plutôt les considérer en adultes capables de réflexion et douverture à la vérité.

Admettre que lislam représente un défi existentiel pour les sociétés chrétiennes ou sécularisées ne signifie pas que lon rejette les musulmans. Mais la réponse à ce défi ne doit pas être de nature idéologique (ex. le laïcisme), tout comme elle ne doit pas recourir au rejet des personnes ou au chantage à la réciprocité.
Avoir une claire conscience du trésor inestimable que constitue le patrimoine chrétien, ce nest pas mépriser les musulmans. Il convient donc de ne pas faire semblant de voir dans lislam une doctrine d’égale valeur au christianisme.

Le monde musulman, nayant pas la connaissance dun Dieu qui aime chaque homme dun amour infiniment miséricordieux, et dautre part déchiré par ses divisions confessionnelles, souffre dramatiquement de manque damour et de considération.

Il incombe aux chrétiens daimer les musulmans comme Dieu les aime, et en conséquence de bannir des attitudes trop vite venues, telles que linvective, lironie sur leurs pratiques cultuelles, la condescendance et le mépris, voire la haine.

Annie Laurent, docteur dEtat en sciences politiques,

spécialiste du Proche-Orient, experte au Synode spécial des évêques pour le Moyen-Orient en 2010.

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