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| By "Le Réseau évangélique suisse", Genève |
Devant les violences commises au nom de l’islam, on peut être tenté
de rejeter les musulmans. Pourtant
cette attitude serait injuste au regard de la loi naturelle qui veut l’amitié entre les hommes.
Tout être
humain, homme et femme, est créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu
» (Gn I, 26 et
s.). C’est ce qui lui confère sa
qualité de personne. Ainsi, aux yeux de Dieu, chacun est d’égale
dignité, et ceci quelle que soit sa condition ou sa religion.
Aimer les musulmans n’interdit
pas de porter un jugement critique sur l’islam.
Dans le Coran, Dieu ne révèle rien de son mystère d’amour. Transcendant, dépourvu d’immanence, « impénétrable » et « inaccessible », « Le Dieu du Coran est seulement Majesté
et jamais Emmanuel, Dieu avec nous »
(Jean-Paul II, Entrez dans l’espérance, Plon-Mame, p. 152). Il reste éloigné de ses créatures humaines, impassible face à leur histoire. S’Il se réserve la possibilité d’aimer les hommes, c’est d’un amour conditionné par leur adhésion et leur fidélité à l’islam. Un choix est opéré
par le Dieu du Coran qui établit une nette différence entre les musulmans et les « autres », qu’il n’est pas recommandé d’aimer.
« Ceux qui prennent pour Maîtres : Dieu, son Prophète et les croyants, voilà ceux
qui forment le Parti de Dieu et qui seront les vainqueurs »
(5, 56).
« O croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens. Ils sont amis les uns des autres.
Celui qui les prend pour amis finit par être des leurs. Dieu ne
guidera pas les pervers » (5, 51).
Porter un regard lucide sur les textes
fondateurs des musulmans (Coran, Sunna, biographie de Mahomet), qui peuvent légitimement effrayer, choquer ou déranger, et oser interroger les musulmans
sur ces points, ce n’est pas manquer à la charité envers leurs personnes. C’est plutôt les considérer en adultes capables de réflexion et d’ouverture à la vérité.
Admettre que l’islam représente un défi existentiel pour les sociétés chrétiennes ou sécularisées ne signifie pas que l’on rejette les musulmans. Mais la réponse à ce défi ne doit pas être de
nature idéologique (ex. le laïcisme), tout comme elle ne doit pas recourir au
rejet des personnes ou au chantage à la réciprocité.
Avoir une claire conscience du trésor inestimable que constitue le
patrimoine chrétien, ce n’est
pas mépriser les musulmans. Il convient donc de ne pas faire semblant de voir
dans l’islam une doctrine d’égale
valeur au christianisme.
Le monde musulman, n’ayant
pas la connaissance d’un Dieu qui aime chaque homme d’un amour infiniment miséricordieux, et d’autre part déchiré par ses divisions confessionnelles, souffre dramatiquement de manque d’amour et de considération.
Il incombe aux chrétiens d’aimer
les musulmans comme Dieu les aime, et en conséquence de bannir des attitudes trop vite
venues, telles que l’invective, l’ironie sur leurs
pratiques cultuelles, la condescendance et le mépris, voire la haine.
Annie
Laurent, docteur d’Etat en sciences politiques,
spécialiste du Proche-Orient, experte au
Synode spécial des évêques pour le
Moyen-Orient en 2010.
aleteia.org

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