18 janvier 2014

L'INATTENDU EST À NOTRE PORTE




Nouvelles priorités


(...) Avec la mort du Précurseur, fin de l'ancienne Alliance, fin du baptême dans l'eau seulement, commencement du baptême dans l'Esprit. Jésus, en quelque sorte, déménage. Certes, le Fils de l'homme n'a pas de lieu où reposer sa tête, mais cela n'empêche pas qu'il va habiter à Capharnaüm, au bord de ce lac où tant de choses vont se passer. L'évangéliste Matthieu cite Isaïe 8,23-9,1, sur la Galilée des nations, carrefour de peuples étrangers à Israël. En d'autres termes, la visite de Dieu trouve d'abord son pied-à-terre hors du territoire de l'Alliance, dans un pays d'où, selon toute logique, rien de bon ne peut sortir (voir Jean 7,41 et 52). Nous pouvons tous en faire l'expérience : une parole authentique, vraie parole de Dieu, peut nous parvenir par des chemins imprévus, de la bouche d'incroyants et même de gens très contestables.
Lors de son baptême, Jésus apprend qui il est, et il est permis de penser que cette connaissance s'approfondira au fil de sa vie. On le voit surpris par l'incroyance des gens de Nazareth et saisi d'admiration devant la foi du Centurion. Tout cela va à l'encontre d'une idée, très répandue chez les chrétiens, selon laquelle Jésus aurait tout su à l'avance. (...)
Jésus va alors débuter une nouvelle vie. Il change de lieu de séjour, mais surtout, « à partir de ce moment-là, il se mit à proclamer : convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est proche ». En face du nouveau comportement de Jésus annonçant la nouvelle de la proximité du Royaume, les auditeurs sont invités eux aussi à changer de vie. En effet, on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres. Voici en effet des hommes occupés à leur tâche familière, en continuité avec un passé représenté par le père de Jacques et de Jean. Pour ces hommes, rien n'est censé devoir changer : demain sera comme aujourd'hui, et comme hier. Or, voici l'irruption de l'inattendu, d'une présence qui va ouvrir un nouvel avenir, ouvrir la vie. Nous nous trouvons ici en face d'un schéma constant dans l'Écriture. Il nous décrit un parcours que nous avons tous à faire. Nous voici bien souvent prisonniers de nos routines, de manières de vivre qui nous semblent les meilleures, souvent à juste titre. Tout est bien mis au point. Et puis, parfois brusquement, la rencontre inopinée, une lumière nouvelle qui vient changer tout le paysage. Cela peut se produire plusieurs fois dans une existence, car Dieu est inépuisable. Alors, se convertir ? Si l'on veut, mais avant tout s'ouvrir à l'espérance.

Père Marcel Domergue, jésuite
croire.com 

Aucun commentaire: