4 janvier 2026

LE CIERGE, CRI DU COEUR

 


Le cri du cœur de celui qui ne sait pas comment  s’adresser à Dieu 

Dans cette église de centre-ville, les cierges sont une véritable industrie. Impossible de les manquer : ils sont disposés à l’entrée de part et d’autre de l’allée centrale. Il suffit d’en choisir un, de glisser une offrande dans le tronc et de l’allumer dans la chapelle dédiée au saint. La votive, c’est la prière du pauvre de cœur, de celui qui n’ose pas entrer dans l’église. Quand on n’y est jamais entré et qu’on n’a pas les codes, la maison de Dieu est intimidante. Que faut-il faire une fois passé la porte ? Quelle est cette table tout au bout ? Et lumière rouge, pourquoi est-elle allumée à cet endroit ? Quand tous les chrétiens sont là, que des chants s’échappent, c’est pire car : « Ils savent leur catéchisme et moi je n’y connais rien. » Et cet homme en noir qui vous salue. On lui a dit : « Bonjour monsieur » poliment, mais qui est-ce ? Pourtant, il faut entrer. Il faut entrer quand on a reçu une tuile sur la tête et qu’on ne voit aucune issue. Le cierge est le cri du cœur de celui qui ne sait pas comment on s’adresse à Dieu pour lui demander de l’aide. Il prolonge la prière quand on n’a pas beaucoup de temps. Il fait partie du culte rendu à Dieu, comme si les personnes qui les allument prolongeaient sans le savoir des pratiques ancestrales.

Bénédicte de Saint-Germain, autrice

Le club des saints minuscules, ed. Cerf, p. 20

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