
La foi, ça commence quand on ne voit pas
Marie voit que la pierre du tombeau a été roulée ; l’autre disciple voit les bandelettes, mais n’entre pas ; Pierre voit les bandelettes et entre ; l’autre disciple entre à son tour, il voit et il croit.
Quatre regards dont le dernier est le regard de la foi.
Qu’on vu les disciples ? Rien.
Il n’y avait rien à voir.
Souvenons-nous, comme saint Paul sur le chemin de Damas, quand il se releva après sa chute et qu’il ne vit rien. « Et ce rien était Dieu », avait commenté Maître Eckhart.
La foi, c’est quand il n’y a rien à voir. Rien, sinon, comme ici, un trou. Trou dans le rocher. Trou dans la poitrine de Jésus. La foi repose sur une béance, une faille.
La foi, ça commence quand on ne voit pas, quand il n’y a rien de spectaculaire. Quand on se met en route et qu’on sait où on va, par où on va passer, combien ça va durer, ce n’est pas de la foi, c’est du tourisme. Abraham a eu la foi comme personne. Sauf comme Jésus. C’est pourquoi Jésus a dit de lui qu’il était son contemporain (« Abraham a vu mon jour », Jn 8, 56). C’est bien ce qu’a compris saint Paul (cf. Rm 4). Abraham a eu foi en la voix de l’Autre.
Dominique Salin, jésuite, docteur en théologie, professeur honoraire des Facultés Loyola de Paris.
"Une retraite selon l’Évangile", extrait
MAGNIFICAT
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