1 mars 2017

CARÊME: SIMPLIFIER SA VIE


"Le Mag" croirelib'

L'ascèse et les efforts de carême diffèrent d'une "sobriété heureuse" ou d'une "simplicité volontaire" par le fait que la foi chrétienne nous incite à mener au quotidien un combat intérieur. (...) Elle a la forme d'une lutte, d'un passage par le désert. Je suis parfois envahi par la part sombre de moi-même. Une façon de voir ma vie, mes choix, ma personne de manière très négative. Avec un sentiment dur d'échec. C'est là un vrai combat intérieur à mener. Mais je sais que je ne le mène pas seul. Cesser de se regarder de cette façon demande du temps et de la persévérance. Mais un tel combat nous ramène à la beauté première de l'Évangile. Mener la lutte par des choses simples et modestes. Par exemple, noter chaque jour ce qu'on a vécu de beau la veille, les grâces reçues. Et quand on regarde bien, il y en a beaucoup. De quoi réaliser que la vie est un don inouï, à recevoir et à donner aux autres.
Mais une telle résistance contre le côté obscur de nous-mêmes a aussi une dimension collective. Et c'est là sans doute que vie spirituelle et matérielle se rejoignent le plus. Le patriarche orthodoxe Bartholomée Ier invite les chrétiens à limiter volontairement leurs besoins matériels pour une vie plus simple. Au consumérisme nous opposons l'ascétisme. Le Christ Lui-même, à la multiplication des pains, a prescrit de rassembler les morceux qui restaient des cinq pains "de sorte que rien ne soit perdu" (Jn 6,12).  Le pape François renchérit en rappelant cette conviction universelle, présente aussi dans la Bible: "Moins est plus!" "La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité de jouir avec peu. C'est un retour à la simplicité qui nous permet de nous arrêter pour apprécier ce qui est petit, pour remercier des possibilités que la vie offre, sans nous attacher à ce que nous avons ni nous attrister de ce que nous ne possédons pas." (Laudato si') La sobriété est la capacité de renoncer au superflu et de résister à la logique consumériste dominante. Elle permet de regarder le monde avec les yeux de Dieu et avec le regard des pauvres et de la part des pauvres. (...) Celui qui est sobre est une personne cohérente et essentielle en tout, parce qu'elle sait réduire, récupérer, recycler, réparer et vivre avec le sens de la mesure."

Extrait de "Carême: 40 jours pour simplifier sa vie"
in "Le Mag"
croirelib' 25/02/2017 
 
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Commencer par la faim... Le jeûne pour sentir la faim tirailler le corps, ce corps qui crie 'j'existe', qui crie 'écoute-moi'. Commencer par la faim, pour réveiller nos corps au sortir de l'hiver. Pour sentir monter en soi cette autre faim, cette faim de Dieu qui, toujours, met mon corps et tout mon être en chemin.
Commencer par la fin... Par ces cendres qui disent que toute vie est appelée à renaître, qui disent qu'en Christ la mort est vaincue déjà. Commencer par les cendres, non pas par la victoire de la mort mais bien par la promesse d'une vie plus grande.
Commencer par le pain... Rompu, partagé, qui nous unit, nous fait un. Unis au Christ, unis à tous ceux qui communient à ce même pain, unis à tous ceux qui chaque jour, et de tant de manières, ici et là-bas, ont faim.
Commencer par se vider, pour emplir sa besace. Commencer par être ensemble.
Commencer par amour. Simplement.
Déjà, Seigneur, "tu as changé mon deuil en une danse".

Extrait du commentaire d'Audrey
sur Matthieu, chapitre 26, verset 26
carême.retraitedanslaville.org 01/03/2017

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