17 mars 2017

ANGOISSE ET ÉMERVEILLEMENT




Cette expérience de l’angoisse devant la mort, cette peur du néant habite en fait toute l’humanité et chacun peut se retrouver dans l’expérience que raconte Olivier Clément dans l'émission Radi
« Je m’émerveillais encore plus des étoiles, ces grappes d’étoiles extraordinaires comme Van Gogh a su les peindre. Et puis en même temps venait l’angoisse, j’avais demandé :  
— Qu’est-ce que c’est les étoiles ? Et puis après, qu’est-ce qu’il y a après les étoiles ?
Et on m’avait dit :
— Après il y a rien, il y a du vide, encore du vide, toujours du vide, n’est-ce pas ?
Et on m’avait dit :
— Tu sais il y a des étoiles qui sont mortes depuis longtemps, depuis des milliers d’années et leur lumière nous parvient encore.
Et alors quand je regardais les étoiles, c’est là que pour moi l’angoisse et l’émerveillement se conjuguaient. Il y avait à la fois cette espèce de jubilation de la beauté cosmique, ces étoiles qui sont comme une célébration, comme une danse dans le ciel. Et puis il y avait cette idée que peut-être elles sont mortes et finalement nous allons tous mourir. Que sommes-nous au regard des étoiles ? Un instant à la surface du néant. Alors tout est absurde, pourquoi exister ? […]
Je pense  que pour moi la clef de cette relation de l’angoisse et de l’émerveillement, c’est le mystère de la croix. Véritablement par la croix, c’est l’angoisse elle-même qui est devenue le lieu de l’émerveillement. Au lieu de fuir l’angoisse, au lieu de fuir la mort, je crois que de ce point de vue le christianisme n’est pas du tout une consolation, c’est cette épaisseur même d’angoisse qui devient une épaisseur de confiance, puisque Dieu lui-même est descendu jusque dans sa propre absence. » 

Radioscopie, émission du 16 janvier 1976, entretien entre Jacques Chancel et Olivier Clément.
prixm.org 05/03/2017

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