Réconciliées avant le temps, les personnes âgées sont pour le monde une lumière. La vieillesse a disparu des écrans radar. La société moderne ne veut plus la voir. Tant que les aînés ont l’air jeunes, ils sont acceptés. Lorsqu’ils ne parviennent plus à faire illusion, ils sont écartés, parqués dans des maisons de retraite, victimes d’une première mort : sociale.
Dans une société de consommation vivant exclusivement au présent, les vieux sont jugés à l’aune de l’utilitarisme et de l’économisme : ils sont inutiles et coûtent trop cher. Ils deviennent des rebuts, produits par une culture du déchet si souvent fustigée par le pape François. Ce constat réaliste conduit le philosophe Robert Redeker à affirmer : « Notre société arrive devant un choix : ou bien céder à la promesse d’un gérontocide (supprimer les vieux), ou bien s’ajointer à la sagesse de la vieillesse. »*
À quoi bon la mort si rien ni personne ne lui donne sens ? À quoi bon la vieillesse si la souffrance et la douleur ne sont plus considérées comme faisant inévitablement partie de toute vie humaine ? « Il faut sauver l’humanité par la vieillesse », ose répondre l’auteur, « prendre âme » auprès d’elle, comme on prend racine, nous libérer de la servitude du présent pour nous relier au passé. Il appelle à un acte de résistance spirituelle et à « vivre comme si nous étions vieux […] pour maintenir l’ancien, l’enraciné, l’irremplaçable, le non échangeable, au sein d’un monde nouveau ».*
Bénédicte de Saint-Germain, journaliste
famillechretienne.fr
* Citations du livre " Bienheureuse vieillesse "
Auteur : Robert Redeker
Editeur : Le Rocher
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Quels sont les lieux de l’étonnement dans la vie quotidienne ? Il y en a trois.
Le premier lieu, c’est l’autre, en qui reconnaître un frère, parce que, depuis qu’a eu lieu la naissance de Jésus, tout visage porte gravé en lui la ressemblance du Fils de Dieu. Surtout quand c’est le visage du pauvre, parce que Dieu est entré pauvre dans le monde et il s’est tout d’abord laissé approcher par les pauvres.
Un autre lieu de l’étonnement – le deuxième – où, si nous regardons avec foi, nous éprouvons vraiment de l’étonnement, c’est l’Histoire. Nous croyons si souvent la voir du bon côté, et au contraire, nous risquons de la lire à l’envers. Cela se produit, par exemple, quand elle nous semble déterminée par l’économie de marché, régulée par la finance et les affaires, dominée par les puissants du moment. Dieu, en revanche, est un Dieu qui « brouille les cartes » : il aime bien faire cela ! Comme le chante Marie dans le Magnificat, il est le Seigneur qui renverse les puissants de leur trône et élève les humbles, qui comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides (cf. Lc 1,52-53). C’est le deuxième étonnement, l’étonnement de l’Histoire.
Le troisième lieu de l’étonnement est l’Église. (...) Une Église qui sait reconnaître tous les signes d’amour fidèle que Dieu lui envoie continuellement. Une Église pour laquelle le Seigneur Jésus ne sera jamais un bien à défendre jalousement – ceux qui font cela se trompent – mais Celui qui vient à sa rencontre et qu’elle sait attendre dans la confiance et dans la joie, exprimant l’espérance du monde. (...) L’Église mère qui a toujours les portes grandes ouvertes et les bras tendus pour accueillir tout le monde.
Paroles du pape François avant l’angélus (extraits) 21/12/2015
zenit.org

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