21 décembre 2015

ENFANTER LA JOIE






Deux cousines se rencontrent. Cet événement, banal s’il en est, peut toucher cependant en profondeur et révéler notre soif de joie et de vie. Pour y être sensible, résistons à l’attrait des nouvelles à sensation d’une actualité souvent violente. La Visitation nous convie en effet à un renversement de valeurs : la lumière de Dieu vient des profondeurs. Elle nous est toujours offerte au-dedans de nous-mêmes. C’est comme un enfantement intérieur.
Quand un cri jaillit, il vient des profondeurs et annonce une naissance : « L’enfant, dans mon ventre, a tressailli d’exultation. » Notre Dieu fait naître à la vie et cela à tout âge. Il nous fait naître à nous-mêmes chaque fois que nous saisit, de manière toujours neuve, la joie d’exister.
Comme Marie et Élisabeth, nous sommes invités à laisser sourdre des profondeurs la joie de l’Esprit. Cette joie n’a que peu à voir avec l’éclatement fugitif d’une joie extérieure, car elle n’a pas sa source dans nos émotions éphémères, mais en Dieu. Mais comment donc passer de la joie d’un moment à celle qui demeure dans le secret du cœur ?
« Heureuse celle qui a fait confiance en la Parole du Seigneur ! » Notre bonheur se construit dans l’accueil confiant et quotidien de l’amour gratuit de Dieu. Sa promesse est pour chacun. À nous de prendre le temps de l’écouter résonner en notre cœur à travers tout ce qui fait notre vie, y compris nos combats, nos défaites, nos efforts. Faisons-le jusqu’à reconnaître en nous cette pure grâce de vivre qui nous est déjà offerte.
Marie et Élisabeth nous rappellent l’essentiel de notre raison de vivre : enfanter la joie qui demeure. Cette joie n’est pas un objet de conquête. Elle n’est pas non plus une récompense. Elle est à accueillir dans ce que nous vivons, surtout le plus simple. Alors s’enracine en nous peu à peu la gratitude d’un inépuisable merci.

Fr. Denis-Marie Ghesquières, Carme
Méditation sur la Visitation (Luc 1)
signedanslabible.org

*****

« Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? ». Trop souvent, nous croyons que le plus important est d’aimer Dieu et de tout faire pour arriver à lui par nos propres moyens. Or plus que de l’aimer, c’est accepter d’être aimé par lui (et, recevant cet amour, nous l’aimerons en retour bien évidemment), et plus que de chercher à l’atteindre, c’est se laisser rencontrer par lui. Enlever nos barrières, nos barricades personnelles et se jeter dans ses bras comme un enfant.
La Mère de Jésus, elle aussi, vient à nous. Elle aussi nous cherche comme une mère bienveillante cherche son enfant. Dieu, le créateur du ciel et de la terre, l’alpha et l’oméga, a eu le désir d’avoir une maman. Le Messie aurait pu arriver déjà adulte pour sauver le monde. Mais dans peu de jours, à Noël, nous pourrons voir une fois de plus qu’il a eu le désir de se faire petit enfant, avec une maman, pour nous sauver.
Acceptons, comme lui, d’avoir cette maman si belle qu’est Marie, et de nous laisser rencontrer par elle dans notre vie, dans notre « train-train quotidien », comme Élisabeth.

Extrait de la méditation sur la Visitation (Luc 1) par Jeanne Guérin
catholique.org

*****

La joie venue de Dieu est contagieuse. Ce qu’il donne à la personne élue est pour la joie de tous : « Beaucoup se réjouiront de sa naissance ! » Lorsque Dieu choisit quelqu’un, ce n’est jamais au détriment des autres, au contraire. Comme pour le levier d’Archimède, le chrétien doit être un point d’appui pour la grâce de Dieu afin que celle-ci soulève la multitude.
Cependant, il y a aussi un moins, car nous sommes lents à mettre notre confiance en Dieu. Nous croyons insuffisamment en sa capacité à réaliser ce qu’il promet. Nous voulons des preuves tangibles. (...) Les doutes peuvent nous empêcher d’accueillir la volonté divine qui veut nous ouvrir à la joie de vivre.
Passons du moins au plus pour permettre à la patience de Dieu d’accomplir envers nous sa promesse de paix et de joie !

Fr. Denis-Marie Ghesquières, Carme
extrait de la méditation. "La joie de Dieu est contagieuse"
signedanslabible.org


Aucun commentaire: