11 décembre 2015

DIEU SURPREND TOUJOURS

 Image Reza Degathi, Afghanistan

L’Avent, temps d’attente et de préparation active de la venue du Seigneur. (...) Les événements des dernières semaines nous font mesurer l’urgence de cette tâche : « rechercher les chemins de Dieu », comme y appellent de façon répétée les prophètes (cf. Mi 6, 8 !). (...) Le chemin est tracé pour ce temps de l’Avent : résister aux analyses rapides, à la suspicion, au doute qui entame l’espérance, dont la source est en Dieu. Privilégier la bienveillance et le geste fraternel.

P. Jacques Nieuviarts, conseiller éditorial de Prions en Église
Extrait de la newsletter de décembre2015

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(...) Nous tous, chrétiens, sommes appelés à "avoir soin des plus fragiles de la terre". L’appel du prophète Isaïe, relayé par Jean, concerne aussi nos montagnes intérieures et personnelles. Ne nous engageons pas dans l’abaissement des montagnes du monde sans nous engager aussi dans celui de nos montagnes intérieures, celles de notre amour-propre, de nos peurs, de nos doutes, de nos violences.
Chaque fois que tombe un mur d’injustice, que s’abaisse une colline d’indifférence, un sommet de souffrance, chaque fois que diminue notre suffisance, un passage s’ouvre pour Dieu, et là où s’ouvre le passage, Dieu, simultanément, passe. Y avons-nous déjà pensé ? Dieu ne se détourne jamais d’un passage préparé pour Lui : Dieu passe. Discrètement, parfois même imperceptiblement, Il passe. Noël est là pour nous le rappeler : Dieu est Celui qui vient.
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(...) Il est ainsi au plus proche de l’homme, au plus proche de nous, mais dans une infinie discrétion. Il est là, fidèle malgré les infidélités. Il nous laisse ne pas le voir, ne pas le comprendre, nous détourner de Lui, le nier même. « Ils n’ont pas compris que je prenais soin d’eux. »* Et nous, nous croyons qu’il nous abandonne. Nous allons même jusqu’à affirmer : « Dieu n’existe pas ! » alors que Dieu est là, mais devant notre liberté, là aussi, il s’incline.
Que nos cœurs sont lents à croire ! Peut-être cherchons-nous Dieu trop haut, là-haut, alors qu’il est ici-bas, si proche. Peut-être le cherchons-nous avec une allure de Dieu ! Puissant, fort, bruyant, éblouissant ! Nous aimerions le voir agir, interrompre l’histoire, rétablir l’ordre. Mais l’habitant du Ciel est descendu dans nos rues, dans ma rue, sans tambour ni trompette. Je le croise chaque jour. Le verrai-je ? Oserai-je le rencontrer quand il frappera à la porte de ma maison ?
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(...) C’est peut-être là que se tient notre difficulté. Nous levons les yeux vers le ciel à la recherche du Très-Haut. Nous voudrions être en dessous de Dieu, Lui au-dessus de nous. C’est tellement logique. Accepter que Dieu ait à lever les yeux pour nous voir, nous semble tellement orgueilleux. Pourtant, Jésus vient nous dire que tout est inversé ! « Le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir. » Oui, tout est inversé !
Laissons Dieu prendre la place qu’il désire ardemment : plus bas encore que nous-mêmes, il est le plus petit parmi les petits, le plus humble parmi les humbles. Pour reconnaître Dieu, soyons pauvres de cœur afin d’être capables de regarder vers le bas, et reconnaître, là, au plus bas, le visage du Seigneur.

Sœur Anne Orcel, salésienne de Don Bosco
Extraits des méditations des 06/07et 09/12/2015
signedanslaville.org

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(...) Ces barrières, ces prisons, ces conditionnements divers, tout ce que Jean appelle "le monde", tout cela fait partie de nous, de notre chair. Aussi cela fait mal d'être libéré. C'est une mort commencée. Choisir d'être plus homme, d'être davantage selon l'homme accompli de la fin des temps, cela suppose, chaque fois, en chaque choix, que l'on mette à mort toutes les manières que nous avons d'être moins homme ; et qui nous séduisent. Cette fonction "destructrice" du Christ ne joue pas seulement en chacun de nous : sans cesse, la foi juge le monde, ses institutions, ses projets, ses réalisations. Le Christ vient comme le glaive qui opère les partages nécessaires.
(...) Nous risquons toujours de ne pas voir, d'ignorer, de ne pas identifier la venue destructrice et créatrice du Seigneur. Nous ne voyons pas ce qu'il faut refuser et ce qu'il faut promouvoir. Dieu surprend toujours, et il faut être vigilants pour ne pas prendre pour de la vie ce qui est contre la vie et qu'il vient mettre à mort. (...) Même notre mal, même la victoire de l'adversaire dans le combat créateur, prend sens de vie. Tout ce que nous subissons et tout le mal que nous nous faisons est condamné à devenir une marche, un pas vers le jour du Christ. La venue du Christ que nous annonçons à Noël et que nous préparons par la célébration de l'Avent, c'est cette venue de toujours, cette venue permanente qui s'effectue à travers tout, qui se signifie par la naissance de Jésus et dont nous attendons l'accomplissement final dans ce que nous appelons le retour du Christ. L'apocalypse se termine par les mots "Viens, Seigneur Jésus". Le monde est dans les douleurs de cet enfantement.

Marcel Domergue, jésuite
croire.com

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