4 décembre 2015

DIEU S'INVITE DANS NOS TRIBULATIONS

 
"Faisons un geste pour cette humanité."

Habituellement, on parle de l'Avent et de Noël comme d'un temps de joie. C'en est un en effet. Mais cette joie ne vient pas de la naissance d'un enfant, ni même de son attente, mais de ce qu'elle signifie : Dieu est avec nous, il vient partager ce que nous vivons chaque jour. Et ce que nous vivons aujourd'hui est lourd et inquiétant. Alors, la conviction que Dieu s'invite de lui-même dans nos tribulations est profondément réconfortante. Profitons de ce temps pour approfondir ce qui nous et demandé : veiller et prier.

Sophie de Villeneuve, rédactrice en chef
croire.com

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À peine traduit du latin, ce mot signifie venue, arrivée. Nous allons donc célébrer l'anniversaire de la naissance de Jésus, même si la fixation de la date est conventionnelle, mais plus encore cette venue dans la Gloire. La vie chrétienne est une vie d'attente. Insatisfaction d'un monde altéré par le mal et le malheur et aussi, pour ceux qui sont lucides, conscience d'une insuffisance personnelle. En fait, on l'a dit, ce désir d'autre chose, de nouveau, de différent, ne concerne pas que les croyants. Il s'investit en bien des choses : sciences et techniques pour changer le monde et la vie, désir, souvent pervers, d'être plus : plus riche, plus important, plus considéré, plus écouté. Croyants, nous attendons le « Règne de Dieu », c'est-à-dire le rassemblement des hommes dans l'unité de l'amour. C'est cela que signifie l'ultime venue du Christ. Bien sûr, cela implique la venue du Christ, en route depuis notre premier jour, dans nos vies personnelles. (...)
Nous portons notre attention pendant un petit mois sur une réalité permanente, sur quelque chose qui doit nous habiter tous les jours. Au fond, malgré bien des méprises, Noël est bien la fête de l'enfance : nous sommes cette humanité en enfance qui exige croissance et accomplissement. Le Christ, dont le corps est l'humanité une en croissance, est bien celui qui est venu et qui viendra. Nous l'attendons mais aussi sans cesse nous le recevons. Difficulté d'exprimer en termes de temps grammaticaux des réalités qui touchent à l'éternel ! Le Christ à venir est déjà présent dans notre attente elle-même. Répétons-le, tout cela n'est accessible que dans la foi, mais par la foi nous en prenons réellement possession. Pour donner place à celui qui vient, sans cesse, faisons un peu de vide dans nos vies, allégeons nos agendas et faisons quelques gestes pour l'union de cette humanité qui, devenant Une, devient corps du Christ.

Père Marcel Domergue, jésuite
croire.com

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