(...) En tant qu’anglican, je me suis toujours trouvé entre la Réforme et l’Eglise catholique. Dans notre Eglise, nous avons une théologie forte sur l’Eucharistie. Au cours des 50 dernières années, nous avons redécouvert la vie contemplative et la pratique de l’oraison. Je parle comme un anglican dont la connaissance de Dieu, de l’Eglise et des sacrements a été influencée par Thérèse d'Avila et par l’évolution sociale des carmélites. (...) Ces voix du Carmel m’ont aidé dans mon développement et dans ma vie d’oraison. Tant l’Eglise catholique que l’Eglise anglicane possèdent de multiples éléments pour maintenir le dialogue.
Ce dialogue rencontre de nombreux défis et peut paraître trop lointain; mais je perçois dans le quotidien de l’Eglise d’Angleterre qu’il existe une proximité de plus en plus grande avec les catholiques, un plus grand échange de prières les uns pour les autres. A Canterbury, nous avons des réunions régulières entre évêques anglicans et évêques catholiques et, plus que pour discuter, pour mener une réflexion commune. Et j’espère que nous pourrons approfondir la découverte de Dieu dans l’autre.
(...)
Thérèse d’Avila a pensé et écrit sur des questions essentielles de l’humanité, des questions vraiment capitales. Le premier point est son insistance à dire que Dieu trace une relation d’amitié avec l’homme. (...) Ce qui importe, c’est que Dieu appelle chacun de nous » ami ». C’est pourquoi, lorsque dans les communautés monastiques existe l’amitié, celle-ci nous aide à connaître les projets de Dieu sur nous. Thérèse a un message immédiat pour les sociétés qui sont divisées. Sa propre société, celle de son contexte, est divisée et pleine de soupçons et de discriminations. Thérèse, avec amitié et grâce, affronte ce contexte. Le deuxième point est sa vie de prière, d’oraison. Dieu vit, maintenant même, en ce moment, dans chacun de nous. Il travaille en ce moment dans chaque âme. Et Dieu nous appelle à nous reconnaître et à le reconnaître. Thérèse nous incite au silence, à nous asseoir, à être patients avec le mystère de Dieu. Et, finalement, Dieu apparaît. Il brise la surface et nous voyons Dieu dans chaque visage, dans l’Eglise, dans son Fils Jésus-Christ … Dieu se montre avec clarté. Contemplation et action, prière et justice sont indissolublement liées. C’est à cela que Thérèse nous appelle aujourd’hui.
Rowan Williams, ancien archevêque de Canterbury et ancien primat de l’Église anglicane, s’est déclaré « fils spirituel du Carmel ».
La revue espagnole Alfa y Omega
aleteia.org 20/10/2015

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