(...) Comme Dieu s'est incarné en Jésus, homme de dialogue et de relation, l'Église doit aussi s'incarner dans la société. Elle doit être un observatoire permanent des changements de la société, car c'est à la société qu'elle s'adresse. "L'Église se fait message, l'Église se fait conversation" (Paul VI in Encyclique Ecclesiam suam -n°67). Et ainsi, elle entre naturellement en dialogue avec tous les hommes: chrétiens d'autres confessions, croyants d'autres religions, athées, etc. En accordant une attention particulière aux hommes qui souffrent, l'Église dialogue aussi pour réconforter celui qui n'en peut plus (cf. Is 50,4).
(...) Mais ce dialogue doit respecter la dignité et la liberté de l'autre, son humanité et il ne doit pas être mû par la volonté de conversion immédiate. Car si, parce qu'ils croient, les chrétiens sont invités à entrer en dialogue avec d'autres croyants, réciproquement, les expériences de rencontres avec des croyants d'autres religions aident les chrétiens à approfondir leur foi en un Dieu qui est lui-même relation.
Cinquante ans plus tard, cette encyclique est plus que jamais d'actualité et l'Église, qui dans certaines parties du monde fait l'expérience d'être en minorité, a à coeur de poursuivre cette conversation. Elle désire se rapprocher de ce monde qui s'éloigne d'elle et devient indifférent au Christ. Le pape François aurait pu écrire Ecclesiam suam, lui qui se fait conversation avec les gens et prête une oreille attentive à ce que chaque homme vit.
Fanny Magdelaine
in Pèlerin 31/08/2014
*****
Elle s’appelle Claude mais on l’appelle Coco. Dans mon petit hameau des Pyrénées – 180 âmes – elle tient une épicerie. Hormis le dimanche, elle ne la ferme qu’une demi-journée par semaine. Elle y est seule et s’occupe de tout. (...) Mais bien plus encore, jamais fatiguée, elle s’occupe de chacun pour qu’il reparte de chez elle plus heureux qu’il n’y est entré. Pour cela, elle s’inquiète de la santé de chacun, de celle de ses parents, de ses enfants. (...) Elle n’est jamais de mauvaise humeur. A la fête du village, elle fait la cuisine pour le repas communal. Elle est derrière les fourneaux quand les autres festoient. Elle veille sur celui qui continue d’avoir six ans à soixante ans, et les passe à faire le tour du village à vélo en poussant de grands rires effrayés.
C’est chez Coco que tout le monde se retrouve, et c’est grâce à son épicerie que tout le monde continue de se parler. (...) On s’inquiète de la chute du cours du maïs. On se sourit. On se parle. On se regarde. On rit, on s’émeut, on commente les dernières nouvelles. On apprend à écouter et à se connaître.
Je vous parle de Coco parce que vaille que vaille, avec ce supplément d’âme et ce don de son temps sans quoi rien de ce qu’elle réussit ne serait possible, elle maintient dans ce petit hameau, au pied des Pyrénées, une flamme de vie sans pareille – une fraternité, une attention à l’autre, et une joie d’être ensemble au-delà du simple cercle familial. (...) Pour cela, elle agit, avec un vouloir puissant. C’est-à-dire qu’elle met la vie en action. Et la vie jaillit de cette action féconde. Elle n’a jamais renoncé à sourire, ni à l’amitié, qui devient, grâce à elle – et grâce à ceux qui lui ressemblent – un maintien à un état supérieur de l’être. Elle est, à sa façon, dans l’humilité, la révélation vivante de ce lien mis en lumière par Jésus de Nazareth, il y a quelque 2000 ans -l’amour du prochain – fût-il le voisin qui reste sans doute le plus difficile à aimer.
(...) Elle m’a appris, par sa vie même, l’essentiel : croire aussi en l’homme. Et que l’amour, et la beauté de ses manifestations, peuvent tout, hormis « n’être pas ».
Christiane Rancé, journaliste
in "Pollen", le blog
croire.com
*****
Elle s’appelle Claude mais on l’appelle Coco. Dans mon petit hameau des Pyrénées – 180 âmes – elle tient une épicerie. Hormis le dimanche, elle ne la ferme qu’une demi-journée par semaine. Elle y est seule et s’occupe de tout. (...) Mais bien plus encore, jamais fatiguée, elle s’occupe de chacun pour qu’il reparte de chez elle plus heureux qu’il n’y est entré. Pour cela, elle s’inquiète de la santé de chacun, de celle de ses parents, de ses enfants. (...) Elle n’est jamais de mauvaise humeur. A la fête du village, elle fait la cuisine pour le repas communal. Elle est derrière les fourneaux quand les autres festoient. Elle veille sur celui qui continue d’avoir six ans à soixante ans, et les passe à faire le tour du village à vélo en poussant de grands rires effrayés.
C’est chez Coco que tout le monde se retrouve, et c’est grâce à son épicerie que tout le monde continue de se parler. (...) On s’inquiète de la chute du cours du maïs. On se sourit. On se parle. On se regarde. On rit, on s’émeut, on commente les dernières nouvelles. On apprend à écouter et à se connaître.
Je vous parle de Coco parce que vaille que vaille, avec ce supplément d’âme et ce don de son temps sans quoi rien de ce qu’elle réussit ne serait possible, elle maintient dans ce petit hameau, au pied des Pyrénées, une flamme de vie sans pareille – une fraternité, une attention à l’autre, et une joie d’être ensemble au-delà du simple cercle familial. (...) Pour cela, elle agit, avec un vouloir puissant. C’est-à-dire qu’elle met la vie en action. Et la vie jaillit de cette action féconde. Elle n’a jamais renoncé à sourire, ni à l’amitié, qui devient, grâce à elle – et grâce à ceux qui lui ressemblent – un maintien à un état supérieur de l’être. Elle est, à sa façon, dans l’humilité, la révélation vivante de ce lien mis en lumière par Jésus de Nazareth, il y a quelque 2000 ans -l’amour du prochain – fût-il le voisin qui reste sans doute le plus difficile à aimer.
(...) Elle m’a appris, par sa vie même, l’essentiel : croire aussi en l’homme. Et que l’amour, et la beauté de ses manifestations, peuvent tout, hormis « n’être pas ».
Christiane Rancé, journaliste
in "Pollen", le blog
croire.com
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire