13 août 2013

LE SILENCE DE JOSEPH






Ce qui est très étonnant dans la personnalité de Joseph c’est son silence. Un silence retentissant. L’Evangile, en effet, ne retient aucune parole qui aurait pu jaillir de ses lèvres.
[...]
Le silence est une injonction divine, dont on trouve la trace dans toute l’Ecriture, tout au long de l’histoire du salut : « Mets une garde à ta bouche » prévient le psalmiste (Ps 141) « Qui garde sa bouche, garde sa vie », conseille le livre des Proverbes (Pr 13,3). « Shema Israël », écoute Israël, dit le Seigneur, exigeant de son peuple de clore ses lèvres pour mieux ouvrir ses oreilles.
Ainsi le silence de Joseph s’inscrit dans une longue tradition de sagesse et d’intériorité. Il fait mémoire de cet appel constant du Seigneur à entendre sa Parole, à accueillir sa présence sans restriction et sans arrière pensée.
Joseph se montre le digne successeur de son ancêtre Salomon qui réclama du Seigneur qui voulait le gratifier de ses bienfaits, de recevoir, non pas la richesse, ni même le pouvoir, mais de lui accorder seulement « la grâce d’un cœur qui écoute ».
Joseph se disposera en creux pour recueillir dans son silence, les appels mystérieux de Dieu. Le silence sera la patrie de son obéissance, de son adhésion plénière aux desseins du Seigneur.[...]
Le silence l’éduquera à la docilité aux imprévus, car la contingence est le domaine de l’Esprit-Saint. Dieu parle par des portes qui s’ouvrent, mais souvent aussi, par des portes qui se ferment, en déjouant nos attentes et nos pronostics.

(À suivre)

Homélie de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, 
pour le Pèlerinage des Pères de Familles en 2011 à Cotignac (Var)

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