Mais en vérité, Joseph parle. Il parle non pas par des mots, mais des gestes. Le silence est l’écrin de son action, et son mutisme fait encore mieux ressortir la dignité et la profondeur des actes qu’il pose.
[...]
Joseph se
sanctifie au quotidien par le quotidien, par le service concret et attentif de
Marie et de l’enfant Jésus. Il engage et mobilise toutes ses énergies
dans cette tâche : son corps, par son travail, ses sentiments, dans l’affection
qu’il porte aux siens, son intelligence pour agir
prudemment, sa prière fervente...
Paul
Claudel a écrit au sujet de la Sainte Famille de Nazareth : «
Il n’y a ici que trois personnes qui s’aiment,
et ce sont elles qui vont changer la face du monde. »
Jésus appartient à Marie, et Marie appartient à
Joseph, et Joseph est à l’un et à l’autre. Cette icône trinitaire est le plus beau témoignage
de la communion des saints et du mystère de l’Eglise.
Cette communion est union des cœurs, et des esprits, consentement mutuel à
l’œuvre de Dieu qui s’accomplit en l’autre.
Et au cœur de cette union, règne
le silence respectueux du secret d’autrui. Car il y a des profondeurs où
l’âme rencontre si intimement le Seigneur, qu’elle
n’admet aucune autre présence.
Laisser le cœur de l’autre à Dieu pour que Dieu y engendre son appel, accepter de ne
pas pleinement comprendre l’itinéraire intérieur de celui qui se trouve à
ses côtés, consentir à son chemin particulier sans le juger…
dessinent, au cœur de ce silence, les contours de la liberté à
laquelle leur amour les conduit.
[...]
Le
silence de Joseph protège Jésus du monde. Il est le garant de sa vie cachée.
En Joseph, « le Seigneur a trouvé
un homme à qui confier le secret le plus sacré
de son cœur » (St Bernard). Jésus demeure à
l’ombre du silence de Joseph. Il s’y
recueille. Il s’y repose, comme plus tard, note St Luc, «
il se retirera dans les endroits déserts pour prier ». Car en tout homme se trouve une part
de solitude qu’aucune intimité humaine ne peut remplir. Et c’est
là que le Père nous visite, « ce Père
qui voit dans le secret ».
Homélie de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, (extrait)
pour le Pèlerinage des Pères de Familles en 2011 à Cotignac (Var)
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