| Priante, by Arcabas, Isère |
J'ai rencontré des gens qui disent ne pas pouvoir prier... Soit qu'ils aient du mal à concevoir un Dieu tout proche d'eux, soit qu'ils vivent une très grande souffrance chez eux ou chez des parents ou amis proches. Cette attitude peut durer longtemps, notamment chez ceux qui ont été victimes d'une grave faute de la part de quelqu'un en qui ils avaient mis leur confiance. Pourquoi Dieu a-t-il permis cela? Nous pouvons alors seulement tenter de partager leur souffrance. Et aussi prier pour eux sans vouloir imposer quelque chose qui ne vient pas de leur coeur. Cela peut mystérieusement suppléer, être un secours. Mais dans chaque être humain il y a un désir d'Amour, désir d'aimer et d'être aimé, qui est déjà un désir de Dieu. Ce désir peut conduire à la prière.
La foi libre et personnelle, souvent voulue par les jeunes, est belle mais elle a ses limites: on ne peut pas toujours sentir la présence de Dieu, la faire dépendre de nos sentiments. La prière est plus simple, elle n'existe pas seulement dans ces moments extraordinaires où l'on s'exprime bien, où l'on a le sentiment de la proximité de Dieu. Quand on ne sent rien du tout, on peut aussi s'adresser à Dieu avec quelques mots très simples. À ceux qui n'ont pas beaucoup de temps, j'ai envie de dire: ne vous faites pas de souci, priez en marchant, dans la rue, en faisant votre travail. "Seigneur, viens à mon aide." ou encore: "Dieu, je te remercie"...
Une phrase, quelques mots qui accompagnent notre quotidien, c'est aussi cela, la prière
Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé
"Un long chemin qui s'apprend"
in Les cahiers croire - la prière, éd. Bayard
Catherine Masson
Lille
Chaque matin, dans le silence de ma tête, je prie.
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Souvent, nous ressentons l’absence de Dieu dans nos vies. Mais n’est-il pas, dans nos expériences d’amour, celui qui nous fait tressaillir de joie ? N’est-il pas celui dont la présence mystérieuse et silencieuse nous ouvre à la prière, à la louange, à l’amour ? N’est-il pas celui qui nous invite sans cesse à en rechercher la source ? à nous tourner vers le Père ?
Catherine Masson
Lille
aventdanslaville
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Chaque matin, dans le silence de ma tête, je prie.
C’est
toujours la même prière, sans cesse répétée,
recommencée, renouvelée.
C’est
toujours exactement à la même heure, avant que tout ne commence, se réveille
et fasse trop de bruit.
C’est
important que ce soit à heure fixe ; mon chien frétille
et salive avant que je lui donne son repas, car il sent l’heure
approcher, toujours la même. Mon corps se prépare lui aussi à
mon rendez-vous quotidien avec la prière. Il se met en condition de faire le
silence. Si j’oublie ce passage obligé,
il me le fait sentir. Mon esprit aussi s’y prépare,
il travaille dans l’ombre.
Ce rencart matinal avec Jésus
est un îlot de paix.
Même
quand les soucis s’accumulent comme une tempête
de nuages menaçants à l’horizon, même quand ma confiance en moi, frêle
esquif, est prise dans les eaux tumultueuses de l’angoisse,
même quand la colère pointe son nez, suivie du découragement
et de la tristesse, je suis protégé, moi qui me suis réfugié
dans les bras du Seigneur quelques instants.
Ce refuge providentiel, je peux m’y
rendre à tout moment de la journée,
en cas de besoin.
La prière
est mon rempart.
Thierry Bizot, journaliste, écrivain
pour croirecom
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