10 juillet 2018

SEL ET LUMIÈRE, QUEL SENS ?



En réalité, le sel n’est pas d’abord, comme on le croit souvent dans notre culture contemporaine, le condiment qui donne du goût aux aliments, mais, à l’époque de Jésus, en premier lieu, de manière vitale, ce qui les conserve de l’altération. Ce qui veut dire que le sel est au service des aliments, afin qu’ils puissent être utilisés comme il se doit, au moment où il convient. Mais le sel peut également servir à relever le gout des ingrédients. Prenons garde cependant, en soi le sel n’a qu’un goût très sommaire : il contribue à mettre en valeur le goût des aliments, en lui-même il n’est qu’à leur service. L’expression populaire « le sel de la vie » est trompeuse : ce n’est pas le sel qui est important dans la vie, mais ce qu’il nous permet de révéler du goût singulier, délicieux, fade ou exécrable de la vie. 


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De même la lumière sur le lampadaire n’est pas faite pour être regardée, mais pour éclairer ce qui va être regardé ; elle brille pour illuminer et magnifier et non pas pour sa propre gloire. Le chrétien est donc au monde pour l’aider à se révéler lui-même comme création d’un Dieu d’amour ou la dignité de chaque personne humaine est inaltérable. Ce « savoir » du chrétien n’est pas le signe de sa supériorité, mais au contraire d’un don gratuit qu’il reçoit dans sa propre faiblesse. Paul nous le rappelle : Ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous (2 Co 4, 7). Au service de l’annonce d’une bonne nouvelle pour l’humanité entière : celle d’un Dieu qui n’est pas celui que les hommes ont inventé de toutes pièces à leur image, mais d’un Dieu relation qui vient vivre avec tous les hommes, en communion. 

François Huguenin, historien des idées et essayiste
MAGNIFICAT 
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