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Chaire de l’église paroissiale anglicane
de Fowey in Cornwall -UK.
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Regardez la chaire. Imaginez combien de paroles ont été prononcées du haut de cette chaire. Il est bien possible que plus personne ne parle de là-haut aujourd’hui, mais la Parole de Dieu peut encore y être perçue. Dieu nous invite à écouter, à rechercher sa Voix dans le silence, dans la beauté de ce lieu.
« Prêtez l’oreille et venez à moi; écoutez et vous vivrez...
Cherchez l’Éternel tant qu’il se laisse trouver, tournez-vous vers Lui tant qu’il est proche. »
Isaïe 55:3-6
« Seigneur Dieu, je t’en prie parle-moi aujourd’hui en ce lieu. Je suis prêt à t’entendre, j’écoute. «
Plaquette apposée auprès de la chaire de l’église paroissiale anglicane de Fowey en Cornouailles.
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« Comment l'homme doit-il être préparé pour recevoir pleinement la vérité chrétienne ? L'entendre ou l'apprendre comme une « leçon » ne sert à rien : il faut que tout l'être soit préparé aussi bien corporellement qu'intellectuellement, car cette vérité n'est pas du domaine « scolaire. (…) Personne ne peut forcer qui que ce soit à travailler, à comprendre, à apprendre, si lui-même ne fait pas cet effort. Sa seule présence physique est inutile. Qu'est-ce donc « être présent » ? L'Évangile en parle souvent. Prenons un exemple évangélique simple : le Christ vient chez Marthe et Marie pour enseigner. Marie s'assied aux pieds du Maître et l'écoute, tandis que Marthe s'indigne de ce que - selon elle - Marie n'est pas présente puisqu'elle ne fait pas son travail... Le Christ dit alors à Marthe que son travail à elle, certes, n'est pas inutile, mais que c'est Marie qui a « choisi la meilleure part ». Le Christ a voulu dire que, dans le cas présent, Il était venu « pour parler » : il fallait donc « l'écouter ». (...)
Si vous parcourez attentivement les Écritures et la littérature patristique, vous verrez que la « présence » est requise comme un préalable indispensable, après lequel seulement vient« l'écoute ». Que signifie « écouter » ? C'est, pendant un moment, admettre qu'il y a « un autre » et que, pendant un certain temps, on n'existe pas à soi-même. Tant qu'on demeure « soi », il faut bien reconnaître - en nous plaçant pour l'instant sur le plan purement humain - que l'on n'écoute pas vraiment. Au moment où j'écoute « l'autre », c'est lui seul qui doit exister pour moi, et non plus rien de moi. Il est difficile, souvent, de ne pas tenter de deviner ce que l'autre va dire, et même de le lui souffler... C'est le défaut de personnes d'un certain âge et qui ont trop réfléchi : elles croient que d'avance, tout est dit, et qu'il est inutile d'écouter des choses qui ne sont pas toujours intelligentes...
Si donc nous voulons nous catéchiser chrétiennement, nous devons abandonner cette attitude et apprendre à écouter, à rechercher quelque chose de nouveau pour nous qui, peut-être, nous enrichira. Le psalmiste dit : « Écoute, ma fille, et prête l'oreille », et le Christ : « Bienheureux ceux qui écoutent la Parole et qui la gardent. » Toutes les Écritures saintes sont fondées sur la prééminence de l'écoute. (.. )
C'est cela la vraie humilité, et non pas de se dire pécheur, mauvais, de battre sa coulpe. L'humilité, c'est de savoir que parfois l'on n'« est » pas, qu'il existe autre chose d'aussi valable, de plus valable que soi. C'est un acte de confiance à faire, que d'admettre que l'on puisse « recevoir » ce quelqu'un d'autre. Ainsi, dans tout enseignement, il faut préalablement stipuler que le fait d'écouter n'est pas seulement un acte d'intérêt, de curiosité, mais d'utilité. Cet effort « peut servir », peut changer quelque chose à notre existence. C'est un effort existentiel. Quand l'homme écoute, il peut, pendant un moment, surmonter son égoïsme qui l'enferme dans sa coquille : il s'ouvre avec confiance à autre chose que lui-même dans l'espoir de trouver un moyen de se transformer… »
Maxime Kovalevsky, ( 1903-1988), théologien orthodoxe russe, professeur, mathématicien
Extrait de la lettre no 153, juin 2018

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