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| By Macha Chmakoff |
Pour parler de Dieu avec des non-croyants, il faut sentir que quelque chose peut se passer...
Il ne faut surtout pas arriver avec un étendard pour imposer un point de vue, ni avec le sentiment de supériorité de celui qui saurait face à celui qui ne saurait pas. Quand je parle de ce que je crois, je dis toujours que je suis comme tout le monde et avec tout le monde, en train de chercher. Tous, nous cherchons, et de manières différentes. Il se trouve que ma recherche à moi se fait dans l'Église catholique, je continue à chercher Dieu, je ne suis pas certaine du tout de l'avoir trouvé. Croire c'est cela : continuer de chercher, parfois dans la nuit, parfois dans la clarté, et avec d'autres.
Les reproches au sujet de l'Église, ce n'est pas grave, parce que ce n'est pas ça le cœur de la foi. Le cœur de la foi, c'est l'Évangile et c'est Jésus-Christ. (...) Le fond de l'Évangile, c'est que Jésus-Christ a choisi de vivre la vie des hommes pour être de leur côté quoi qu'ils aient fait. Et bien plus, il a choisi de mourir du côté des coupables pour être assimilé aux coupables. Nous ne sommes pas à la hauteur ? Il est précisément venu pour cela. Je n'ai donc aucun problème à dire que oui, l'Église est pécheresse, que non, elle ne fait pas tout comme il faut, que cela a toujours été comme cela et que ce sera encore comme cela demain. Cela n'empêche pas d'être attaché à la figure de Jésus-Christ.
Ma foi ne fait pas du tout abstraction des problèmes. Les problèmes existent. Cela n'est pas du tout faire comme si tout allait très bien et comme si nous vivions encore en régime de chrétienté. Beaucoup d'entre nous savent combien nos églises sont vides, et il faut voir cela en face. Nous pouvons affronter le réel à la mesure de notre regard sur le mystère pascal. Le réel, c'est la mort du Christ. Qu'il y ait plein de petites morts dans nos vies, c'est absolument normal. (...) L'amour ne meurt pas avec la mort du Christ. Cet amour qu'il donne jusqu'au bout continue aujourd'hui à nous donner de la force. C'est cela, l'espérance de la résurrection, et il faut que cela s'incarne en vrai dans nos vies maintenant. Si, en regardant les choses en face, sans faux-semblants ni langue de bois, nous décidons de continuer à espérer et à travailler avec d'autres pour que l'Évangile soit annoncé, c'est-à-dire pour que les gens entendent que oui, c'est bien vrai, le Christ ne juge pas, alors nous n'aurons pas perdu notre temps.
Parler de Dieu, parler de Jésus... c'est tout-à-fait la même chose, sinon nous ne serions pas en régime chrétien. Car nous confessons que Jésus est à la fois homme et Dieu. Jésus dit dans l'Évangile de Jean : « Qui m'a vu a vu le Père », « Je suis le chemin, la Vérité et la Vie ». Comme chrétiens, nous n'avons pas d'autre chemin pour aller à Dieu que Jésus-Christ.
Je crois que le Christ a une relation singulière avec chacun d'entre nous, que nous tissons à notre manière et qu'il tisse à la sienne. La question est de savoir qui est Jésus-Christ pour moi.
À ceux qui se demandent comment parler de Dieu je dirais d'être simples, de répondre aux questions qui leur sont posées de tout leur cœur, sans avoir peur de se tromper. Dites en vérité qui est Jésus, cet ami, pour vous, du moment que c'est vrai et que c'est vous qui le dites. Et non des définitions apprises par cœur, des concepts ou des dogmes que vous n'auriez pas compris vous-mêmes. Vous aurez peut-être l'impression de ne pas être à la hauteur, mais le Christ est venu précisément pour qu'il n'y ait plus de hauteur.
Anne Lécu, dominicaine, médecin de prison,
Extrait de „ Comment parler de Dieu à ceux qui n‘y croient pas ? „
croire.com 18 octobre 2017

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