30 janvier 2016

SOMMES-NOUS SI LIBRES ?


Joaquin Sorolla y Bastida, 1863-1923


(...) Demandons-nous, en toute conscience, si les pauvres, les captifs, les aveugles, les opprimés désignés par Isaïe et Jésus, ce n’est pas nous dès que nous comprenons que la véritable pauvreté est celle du coeur, que la véritable cécité est celle de l’esprit, et que le véritable esclavage est l’abandon de sa liberté aux pulsions de la haine. Mgr Ravel, évêque aux armées, nous invite à nous questionner encore  sur notre liberté réelle d’opinion dans ce que nous disons, et dès lors sur le degré de contamination de nos esprits, confrontés, trempés dans l’idéologie ambiante et la séduction du mal. Confrontés à la peur, au déferlement d’actualités horribles orchestré par les médias, trempés dans une lecture délibérément guerrière et désespérante du monde ? Sommes-nous aussi libres que nous le croyons ? Parlons-nous avec l’Esprit du Seigneur sur nous ou plus humblement dans l’effort qu’il le soit ? Pratiquons-nous avec honnêteté le travail de vérifier les informations que nous colportons, celui de réfléchir à la portée de nos propos ? Sommes-nous ces aveugles à qui s’adressent Isaïe et Jésus-Christ, aveuglés par l’idéologie ambiante, les mots d’ordre, le prêt-à-penser et le prêt-à-croire ? Sommes-nous tous bien plus opprimés que nous ne le pensons, non pas par une force policière, mais par le bombardement de nouvelles images d’Epinal sur le bien et le mal, par les nouveaux modèles de réussite qui nous imposent de ne plus penser, jamais, qu’en termes économiques et sur des critères d’argent, de statistiques et de rentabilité.
Dans l’homélie de la messe pour la paix de Mgr Luc Ravel, [ 24 janvier ], il y a un très bel appel à recouvrer sa liberté individuelle dans ses retrouvailles personnelles avec la liberté de l’Esprit, qui est une des essences de Dieu, à faire l’effort spirituel et intellectuel de prendre nos distances à la fois avec la pensée collective qu’imprègnent les idéologies ambiantes, et avec la pensée orgueilleuse née de notre seul égo, de son désir d’avoir raison, de soumettre l’autre à ses vues et ainsi, à distiller de petites idéologies tout aussi subversives, nocives, et tout autant captives et esclaves – et en tout cas, absolument éloignées de l’Esprit Saint. Certes, il faut du discernement, du courage, du travail, celui d’une conversion toujours en chantier. Mais nous avons un exemple pour nous y aider, celui de Jésus, et une méthode pour nous guider, celle des Evangiles.

Christiane Rancé, écrivain 
Extrait du billet du 24/01/2016
blog.pollen.croire.com

*****

(...) Amis de l’humanité certes, mais sans la flatter ! (...) Nous sommes amis de l’humanité, mais nous ne sommes pas définis par l’humanité, ni par nous-mêmes d’ailleurs. Nous ne nous constituons pas nous-mêmes. Nous sommes destinés à trouver notre identité en Dieu et en Lui seul, et nous pouvons le faire avec plus de liberté parce que nous ne contrôlons pas les aspects de la vie qui définissent la plupart des gens : carrière, avenir, argent, apparence, rêves. Peut-être, en lisant ces mots, vous demandez-vous : « En quoi cela me concerne-t-il ? ».
Cela vous concerne. Nul besoin de faire vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance pour apprendre à se détacher des choses de ce monde qui menacent de nous enfermer et, souvent, de nous définir contre notre être véritable. Nous sommes tous destinés à trouver notre identité en Dieu. À dire vrai, c’est le travail d’une vie entière. (...) Nous sommes destinés à vivre dans l’union avec Dieu et à nous dépenser dans le don de nous-mêmes, quelle que soit la vocation à laquelle Dieu nous appelle.

Sr. Theresa Aletheia Noble
Extrait de son billet " Quand une religieuse s'interroge "
fr.aleteia.org  23/01/2016 

Aucun commentaire: