| Le Christ de Rio de Janeiro, illuminé aux couleurs de la France |
(...) Le chrétien aime la paix mais il sait vivre en état de guerre. Il ne faut pas séparer la prière et l’action. La prière pour la paix ne se substitue pas aux moyens légitimes, par exemple au fait de prendre les armes. Dieu ne va pas envoyer ses légions d’anges pour éliminer nos adversaires ! Mais la prière change les cœurs. L’émotion des Français est très grande. Il y a plusieurs sentiments qui se mêlent: non seulement la douleur et l’incompréhension mais aussi le désir de vengeance. La grâce de Dieu apaise les cœurs sans minimiser cette nouvelle guerre contre la France qui ne fait que commencer. La prière va purger nos émotions de la violence. Il ne faudrait pas que la violence gagne deux fois : la première avec les victimes corporelles et la seconde avec des victimes spirituelles.
Mgr Ravel, évêque aux armées
extrait d'interview sur les attentats de Paris
famillechretienne.fr 14/11/2015
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« Il faut prier sans cesse et ne pas se décourager ». Telle est la recommandation que tes apôtres ont souvent entendue et dont ils ont souvent été témoins. Dans la vie spirituelle, il faut savoir demander et redemander sans se lasser, il faut prier sans cesse et ne pas se décourager : tu es venu pour faire de nous des saints et livrés à nos propres forces, nous ne le pourrons jamais ! Comment imaginer devenir des saints sans ta grâce ? « Sans moi, vous ne pouvez rien faire », disais-tu à tes apôtres (cf. Jn 15, 5).
La recherche de l’efficacité à tout prix nous fait aller vers un but matériel et terre-à-terre qui nous empêche même de lever les yeux vers le Ciel. Nous vivons dans l’agitation du monde sans savoir nous préserver de ses vices et de ses déviations. Nous sommes souvent témoins d'événements et de discours qui excitent notre affectivité et, sans réfléchir, nous nous laissons emporter par l’émotion ou par un désir de réussite personnelle. Notre cerveau est comme ce juge qui ne craignait pas Dieu. Il ne veut pas ouvrir la porte à Dieu qui frappe.
« Rends-moi justice contre mon adversaire ». Au milieu de ces préoccupations du monde, notre conscience est comme cette veuve qui demande que le juge inique lui rende justice face à son adversaire. Finalement, la résistance de notre conscience finit par lasser le juge. « Cette veuve m’importune, je vais donc écouter ce qu’elle veut ! » dira le juge qui n’est autre que notre « raison » qui veut en finir et trouver une solution rapide et définitive.
« Et Dieu ne ferait pas justice à ceux qui l’en prient jour et nuit ? » Sur terre il y a la prière personnelle où je peux te parler, à toi, mon Dieu et Maître qui m’aimes et dont je dépends en tout, partout et toujours. Si ma prière n’est faite que du bout des lèvres, elle ne te persuadera pas, tu ne l’entendras pas : toi, tu lis dans les cœurs. La prière machinale n’a aucune chance d’attirer ton attention, elle restera sans fruit. Pour être entendue, il faut qu’elle vienne du cœur, qu’elle soit vraie, qu’elle soit intime.
Il y a aussi la prière collective, celle d’une assemblée dont les membres se réunissent pour te remercier ou implorer ton secours, demander ton assistance face à des santés chancelantes, des espoirs déçus ou à des événements catastrophiques. Et toi, tu seras là au milieu de cette assemblée, tu nous l’as promis !
La question que tu te poses et que tu nous poses à nous est de savoir si la foi persistera encore lorsque tu reviendras. Toi seul, Seigneur, tu le sais, mais si tu nous le demandes, c’est pour que notre attention reste en éveil, la mienne, celle de ceux qui sont avec moi, qui vivent en ce moment et celle de ceux qui viendront après nous.
Accorde-moi la grâce d’une foi indéracinable qui ne résistera pas à l’indifférence de ma raison par rapport à ma foi, pour que je sache être ton témoin et vivre avec toi et en toi aux yeux de ceux que je rencontre.
Méditation par Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi
catholique.org 14/11/2015
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