18 novembre 2015

ENSEMBLE, SE BATTRE POUR L'AVENIR


Une minute de silence à la Sorbonne, lundi 16 novembre 10.00 h.

Cauchemar, dénuement, horreur, effarement, anxiété, tristesse : ce sont les mots qui se sont accumulés dans mon esprit depuis l’annonce des premiers chiffres des victimes. Ce sont les sentiments qui m’habitent. Ils sont en conflit avec d’autres qui doivent pouvoir l’emporter : confiance, honneur, courage, résilience, persévérance. J’ai compris que beaucoup de victimes sont des jeunes gens et jeunes filles : dans la Bible, parler de la mort des plus jeunes signifie qu’un ennemi veut empêcher tout avenir. C’en est à frémir ! Le combat qui est devant nous est pour défendre la jeunesse, défendre l’avenir, défendre notre pays, défendre la vie.
Surpris dans leurs pérégrinations nocturnes, ce sont justement des jeunes qui m’ont appelé pour me dire que le chaos s’installait dans Paris et que la mort frappait. Et à chaque fois, ils terminaient leur récit en me disant qu’ils allaient prier. C’était pour eux un appel intérieur et le désir profond de confesser que Dieu est du côté de la vie alors que des hommes se perdent en pactisant avec la mort. Par des messages sur les réseaux sociaux rapportés dans les médias, j’ai entendu également, non sans surprise, que telle et telle personnalités connues priaient Dieu pour les victimes ou le remerciaient parce que leur proche faisait partie des survivants… Avenir remis entre les mains de Dieu.
Je me suis rendu compte qu’en ces événements, j’ai été ébranlé par l’annonce des horreurs ; j’ai aussi été dans l’admiration devant le dévouement professionnel et la solidarité qui se sont manifestés ; mais j’ai également été touché que la prière ait pu être affirmée sans pudeur comme une priorité. Horreurs, dévouement et solidarité ? Là se dit la fragilité de l’homme mais aussi son courage et sa résistance. Prière ? Ici se dit que Dieu est la source de notre force et de notre espérance. La prière dit que les faiseurs de guerre ne sauraient détrôner Dieu ou nous en éloigner pour nous retirer Celui qui est notre vie. 
Aussi, voilà ce que je fais monter pour vous : ma prière à Dieu, rocher de nos vies. Et mon désir que nous croyions ensemble à l’amour qui parle plus fort que la mort et à la paix qui conduit plus loin que la haine. J’ai bien dit ensemble, et c’est important. Ensemble, pour faire corps et ainsi, ne pas laisser de prise à la vindicte. Mais ensemble, aussi, parce que nous devons tous être prêts à agir en mobilisant la force nécessaire.

Frère Philippe Jaillot, producteur du " Jour du Seigneur "
Extrait du billet " Ensemble, faisons monter notre prière " 15/11/2015
lejourduseigneur.com

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