30 octobre 2015

LE SYNODE A FAIT BOUGER L'ÉGLISE






(...)Jésus désire avec chacun de nous un échange fait de vie, de situations réelles, que rien n’exclut devant Dieu. (...) Il croit en nous, beaucoup plus que nous croyons en nous-mêmes. (...) Seule la rencontre avec Jésus donne à l’homme la force pour affronter les situations les plus graves. (...) Les disciples de Jésus sont appelés à cela, aujourd’hui aussi, spécialement aujourd’hui : placer l’homme au contact de la miséricorde compatissante qui sauve. Quand le cri de l’humanité devient encore plus fort, il n’y a pas d’autre réponse que de faire nôtres les paroles de Jésus et surtout d’imiter son cœur. Les situations de misère et de conflit sont pour Dieu des occasions de miséricorde. Aujourd’hui est un temps de miséricorde !
Mais il y a certaines tentations pour celui qui suit Jésus. (...) Ce peut être notre risque : devant les problèmes continuels, il vaut mieux avancer, sans nous laisser déranger. De cette façon, nous sommes avec Jésus, mais nous ne pensons pas comme Jésus. On est dans son groupe, mais on perd l’ouverture du cœur, on perd l’émerveillement, la gratitude et l’enthousiasme et on risque de devenir “ des routiniers de la grâce ”. Nous pouvons parler de lui et travailler pour lui, mais vivre loin de son cœur, qui est penché vers celui qui est blessé. Là est la tentation : une “spiritualité du mirage ” : nous pouvons marcher à travers les déserts de l’humanité sans voir ce qu’il y a réellement, mais bien ce que nous voudrions voir, nous ; nous sommes capables de construire des visions du monde, mais nous n’acceptons pas ce que le Seigneur nous met devant les yeux. Une foi qui ne sait pas s’enraciner dans la vie des gens demeure aride et, au lieu d’oasis, elle crée d’autres déserts.
Il y a une seconde tentation, celle de tomber dans une “foi programmée”. Nous pouvons marcher avec le peuple de Dieu, mais nous avons déjà notre plan de marche, où tout rentre : nous savons où aller et combien de temps y mettre ; tous doivent respecter nos rythmes et chaque inconvénient nous dérange. Nous risquons de devenir comme “ beaucoup de ces gens ” de l’Évangile qui perdent patience: celui qui gêne ou n’est pas à la hauteur est à exclure. Jésus au contraire veut inclure, surtout celui qui est tenu aux marges et qui crie vers lui. Ceux-là ont la foi, parce que savoir qu’on a besoin de salut est la meilleure façon de rencontrer le Christ.

Homélie du Pape François pour la conclusion du synode
Rome, 25 octobre 2015 (ZENIT.org)

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Un point intéressant, et qui n’était pas forcément autant mis en avant auparavant, est l’importance pour les pasteurs du discernement au cas par cas avec une plus grande prise en compte de la conscience personnelle, (ce qu’on appelle le « for interne »), La liberté de la conscience personnelle est toujours première dans l’Église ! Mais celle-ci rappelle que la conscience doit toujours être éclairée et chercher la vérité. Ce que dit l’Église sur ce point notamment pour la situation des personnes divorcées remariées est une avancée. Le document final rappelle l’importance de l’accompagnement, du discernement et de la miséricorde.

Sœur Nathalie Becquart, religieuse xavière, directrice du Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations, 
Extrait d'analyse: "Le synode a fait bouger l'Église"
aleteia.org 26/10/2015

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