La lumière n’a jamais été aussi glorieuse, chaude, liquide que dans l’exubérance solaire de ces premiers jours d’automne, qu’on appelle l’été de la Saint-Martin. (...) Cette saison qui semble, plus que toutes les autres, naître d’une corne d’abondance, est un vigoureux contrepoison aux nuages qui s’amoncellent dans l’actualité des hommes. Les guerres, les attentats, la crise, les maladies, les délires climatiques, tout ce que les hommes font et tout ce que les média nous assènent comme tristesses et mots d’ordre apocalyptiques. Pour autant, devons-nous nous résigner à les subir et attendre que cela passe ?
Je vois dans cet été indien une incitation à résister à notre fatale attraction pour le malheur, et l’occasion de choisir son camp – celui de la beauté et des vérités intangibles. Elargissons le champ de ce que nous propose cette saison particulière : une provision de beautés et de fruits pour contrer les mauvais jours. Une invitation à résister à la morosité et au fatalisme, chacun à sa façon. Il y a une façon indiscutable d’organiser cette résistance. Qui que nous soyons, d’où que nous venions, et quoi que nous fassions, avançons, parlons, travaillons d’une façon artiste, c’est à dire selon le principe même de l’art, qui est de retrouver plus que ce qui s’est perdu.
Retrouver plus que ce qui s’est perdu ? A l’humour, ajoutons la joie. Aux débats, l’esprit. A l’amour, la tendresse. A l’amitié, la fidélité. A la parole, le sourire. A l’art, l’émotion… et aux actualités, l’optimisme. La liste serait infinie si on l’établissait à l’aune de tout ce que l’homme a perdu d’humain dans sa façon d’être.
Retrouver plus que ce qu’il s’est perdu, le principe vaut aussi dans la vie quotidienne. Il s’agit alors d’opérer une attention intense à tout ce que nous faisons, avec l’idée que nous le faisons pour le bonheur et le plaisir d’autrui. C’est, dans chacun de nos gestes, introduire de l’émotion, comme un artiste avec sa toile, avec sa musique ou avec sa statue. C’est agir non pas pour que ça rapporte gros, mais pour que ça apporte beaucoup.(...)
Christiane Rancé, écrivain, essayiste
Extraits de "L'été indien" 04/10/2015
blog.pollen.croire.com
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A propos de l’invitation du pape François à allier « vérité et charité », il explique : « Si cela était impossible, alors l’Eglise ne serait pas possible, l’Evangile ne serait pas possible. L’Evangile est "une parole de vérité", mais une parole de vérité dans la charité. Une charité sans vérité est une charité molle et la vérité sans charité est une vérité dure. Donc, unir la vérité et la charité est une exigence dictée par l’Evangile. On a beaucoup parlé de conflits avant le synode, voyons si on en parlera durant le synode... Quoi qu’il en soit, il y a une ambiance de communion. »
Le card. Schönborn, théologien autrichien
Intervention au synode, 07/10/2015
zenit.org

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