Bonne nouvelle ! À l’heure du tout, tout de suite et pour pas cher, l’Église propose un remède radical : le jeûne.
(...) L’objectif du jeûne est de gagner en attention et en ouverture à l’autre : Dieu et mon prochain. Lorsque j’accepte un manque, je me découvre dépendant : de Dieu et de sa Parole d’abord, mais aussi des autres. La qualité des relations me devient absolument nécessaire. L’autre devient ma vraie nourriture !
Des interrogations apparaissent alors : il n’y a pas de mal à se faire du bien n’est-ce pas ? Pourquoi me priverais-je par exemple de ce carré de chocolat qui n’est pas mauvais en soi ? Le polyphénol contenu dans le cacao est même bon pour la santé : tous les pharmaciens le disent ! Or, jeûner, ce n’est pas en soi se priver de chocolat, c’est surtout vérifier qu’on est libre par rapport au chocolat. Voilà peut-être la raison pour laquelle le monde n’aime pas le jeûne et que les jeûneurs sont des gêneurs ! Parce qu’ils contestent silencieusement la loi totalitaire du désir qui est le ressort le plus puissant de notre société marchande. Regardez : il y a des chaînes partout ! Chaînes de montage, chaînes de magasins, chaînes de télévisions. Jeûner c’est vérifier que ces chaînes extérieures ne se sont pas à la longue intériorisées, conduisant à la paralysie et à l’asphyxie de l’âme. Le jeûne peut également nous enseigner la modération des nombreux autres appétits qui habitent en nous et qui peuvent conduire à commettre le mal. Car si nous apprenons à renoncer à manger lorsque nous avons faim – dans certaines limites bien entendu ! – nous découvrirons qu’il est possible de renoncer aux péchés que certaines situations nous poussent à commettre. En ce sens, le jeûne est une ascèse du besoin et une éducation du désir. Il nous amène à accepter de ne pas avoir tout, tout de suite et par quelque moyen que ce soit.
Jeûner pour notre pays, c’est vivre ensemble une thérapie communautaire et nationale. C’est lutter contre cette société de la compulsivité qui semble avoir instauré le désir comme seul norme du vivre ensemble, en consacrant le « j’ai envie, donc j’ai droit ». Droit à l’enfant ou droit à l’avortement, droit au mariage, droit à mourir… droits consacrés par l’onction de la loi et que nous refusons. Ils permettent en effet l’avènement d’une société d’injustice, dont les plus faibles et les plus vulnérables sont toujours les premières victimes.
(...) Finalement, le jeûne est la correction d’un jeu de rôle : à ce « moi-moi » égoïste, sans cesse affirmé et revendiqué, il appelle un « Toi-Toi » : le Dieu d’Amour et de miséricorde qui attend que nous lui fassions un peu plus de place pour mieux agir en nous et dans ce pays dont nous sommes les citoyens.
Méditation de l’abbé Pierre Amar, curé de paroisse
"Pourquoi jeûner pour sa patrie ?"
famillechretienne.fr
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La question du jeûne posé par les gens à Jésus nous donne l’occasion de redécouvrir le sens profond de cette pratique que nous continuons encore à vivre aujourd’hui dans l’Église en particulier le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint mais aussi de façon personnelle à d’autres moment de l’année. (...)
Avant la venue du Christ le jeûne était pratiqué par les pharisiens et par les disciples de Jean-Baptiste par ce que la faim physique renvoie à la faim spirituelle que le peuple choisi avait pour la venue du Messie et pour le salut de Dieu qu’il devait apporter. C’était une manière d’exprimer corporellement leur désir pour le Seigneur et pour sa grâce. C’était une forme de prière corporelle. (...)
Alors pourquoi jeûnons-nous aujourd’hui ? Le Christ ne continue-t-il pas d’être avec nous ? Le Christ n’avait-il pas fait la promesse qu’il serait avec nous jusqu’à la fin du monde ? N’avait-il pas promis de nous envoyer son Esprit Saint pour qu’ils puissent continuer à vivre en nous ? N’a-t-il pas dit qu’il était réellement présent dans l’Eucharistie. (...) Même si le Christ est toujours présent pour nous, nous qui sommes des pauvres pécheurs, nous nous éloignons encore souvent de lui. Nous avons besoin constamment de nous tourner de nouveau vers lui pour l’accueillir plus pleinement dans nos vies. Le jeûne devient donc un moyen utile parmi d’autres pour exprimer notre désir de conversion, de ce retour vers lui.
Même si dans le sens strict du terme le jeûne concerne l’expérience de la faim physique, nous pouvons aussi jeûner pour des choses auxquelles notre cœur s’attache excessivement et qui pourraient devenir une forme d’idolâtrie. En les laissant occuper trop de place dans nos cœurs et nos pensées nous donnons moins de place à Dieu et à notre prochain. (...) Tout cela je le fais non pour le renoncement en soi mais pour laisser plus de place à Dieu et à mon prochain dans mon cœur.
Père Richard Tardiff, LC
Méditation quotidienne (extraits) 19/01/2015
catholique.org

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