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| Aigle, Vaud-CH, église du cloître |
Mais voici qu'avec le Christ, cet amour s'adresse à tous les hommes comme il s'est adressé au peuple élu. Cet amour se révèle donc choisissant chaque peuple comme s'il était seul au monde. Il n'y a d'amour que de l'unique. Nous apprenons que chacun est unique pour Dieu, que chacun est connu et appelé par son nom, ce qui revient pour lui à sortir de l'anonymat. Ainsi se fonde la dignité de l'élu. Finalement, la tradition n'a pas été mal inspirée en donnant des noms aux mages. Ils ne sont pas interchangeables et c'est sans doute pour cela que Matthieu nous les montre apportant à Jésus des cadeaux différents. Chacun a sa particularité, mais les voici unis dans la même démarche : Jésus les rassemble dans une même adoration. Ainsi se construit l'unité. Car, en Dieu, le Fils n'est pas le Père, ni l'Esprit, mais ils sont ensemble le Dieu unique.
(...) Quand l'Évangile nous montre des mages venant adorer le Christ, nous apprenons que les « chacun » rejoints par l'amour ne se ressemblent pas, qu'ils ne sont pas des exemplaires identiques d'une création en série, que se vérifie la parole qui nous dit que l'Esprit va «d'une extrémité à l'autre» pour investir ce qui lui est le plus contraire. Les Mages gardent leur particularité en venant au Christ. À la fin ils « rentrent chez eux», pour retourner à leurs occupations habituelles, mais «par un autre chemin». Tout demeure semblable et pourtant tout est différent. Comprenons qu'il n'est pas nécessaire d'adopter les mœurs, les philosophies ou la psychologie occidentales pour adhérer au Christ. Acceptons que les Asiatiques, les Africains ou d'autres vivent la foi chrétienne, y compris dans la liturgie, tout autrement que nous, Parisiens, Bretons ou Auvergnats.
(...) Revenons aux mages. Ce qui a été dit au paragraphe précédent pourrait laisser croire qu'ils vont au Christ malgré leurs pratiques divinatoires quasi idolâtriques. C'est au contraire par le biais de leur astrologie (l'étoile) qu'ils « viennent adorer ». Les bouddhistes, hindouistes, animistes etc. viendront-ils au Christ à travers les « semences du Verbe » contenues dans leurs religions ? N'oublions pas que Dieu emprunte les chemins de l'homme même quand ce sont des chemins d'errance. Ainsi les Israélites se donnent un roi contre la volonté de Dieu (1 Samuel 8,4-9). Or c'est de cette lignée royale qu'il n'a pas voulue que Dieu fait naître le Messie. Salomon, fruit de l'adultère de David, devient ancêtre de Jésus. Dieu se servira de la volonté meurtrière des hommes pour leur procurer le salut. Même le mal est asservi par l'amour pour en fin de compte procurer le bien.
(...) Ce qui a été dit au paragraphe précédent pourrait laisser croire qu'ils vont au Christ malgré leurs pratiques divinatoires quasi idolâtriques. C'est au contraire par le biais de leur astrologie (l'étoile) qu'ils « viennent adorer ». Les bouddhistes, hindouistes, animistes etc. viendront-ils au Christ à travers les « semences du Verbe » contenues dans leurs religions ? N'oublions pas que Dieu emprunte les chemins de l'homme même quand ce sont des chemins d'errance. Ainsi les Israélites se donnent un roi contre la volonté de Dieu (1 Samuel 8,4-9). Or c'est de cette lignée royale qu'il n'a pas voulue que Dieu fait naître le Messie. Salomon, fruit de l'adultère de David, devient ancêtre de Jésus. Dieu se servira de la volonté meurtrière des hommes pour leur procurer le salut. Même le mal est asservi par l'amour pour en fin de compte procurer le bien.
Père Marcel Domergue, jésuite
Méditation "L'amour distingue et rassemble"
04/01/2015
Croire.com

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