Anéantis. Ce participe passé revient souvent à ma pensée depuis que j’ai eu connaissance du massacre qui a eu lieu à la rédaction du journal Charlie Hebdo. Des vies ont été anéanties, brisées, piétinées. C’est la vengeance qui a parlé sous motif d’un acte prétendu religieux. (...)
Les religions ne font pas la guerre. Les hommes sont assez grands pour la faire tout seuls en la mettant sur le dos de leurs idéologies. Les religions donnent des chemins pour apprendre le pardon, le respect, la maîtrise de soi, le courage, le dialogue, la gestion des conflits et le choix de la vie.
(...)
Mais là, des vies ont été anéanties : des vies sont mortes et c’est insupportable. Des familles sont en deuil et je leur dis ma tristesse. Mes condoléances. (...)
Anéanti, c’est aussi le sentiment que j’éprouve au fond de moi. Et, en voyant leur visage, je sens que ceux qui m’entourent pourraient dire la même chose. Il faut à présent trouver des ressources intérieures pour tenir haut et fort le sens du respect et du dialogue contre celui de la vengeance et de la peur. C’est bien de ce Dieu auquel je crois que viendront ces ressources. C’est bien cela que je crois.
Quelqu’un me disait : « On en arrive à ne plus croire en l’homme ». Je me disais : « On ne croit plus en l’homme bien souvent à force de ne plus croire en Dieu ».
Ma foi chrétienne me fait dire que le participe passé "anéanti" ne saurait en aucun cas être le dernier mot de l'existence ni de ce que je ressens.
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| Massacre à Charlie Hebdo le 7 janvier - photo REUTERS |
Fr. Philippe Jaillot o.p., producteur
le blog 09/01/2014
lejourduseigneur.com
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Comment veux-tu qu’on tienne le coup, Seigneur, si tu dors quand nous avons peur ? C’est le monde à l’envers : tu dors, bien confortablement sur ton coussin, toi qui n’as pas de pierre où reposer la tête !
(...)
Combien de fois avons-nous l’impression que tu dors ! Ne serait-il pas tant de te réveiller ? La peur nous fait du mal. La peur grignote la foi et la confiance et que va-t-il en rester au bout du compte ? Voilà, tu le sais. Je n’aime pas être secouée par la tempête.
J’ai le mal de mer. Je ne suis pas fichue, comme Pierre, de te rejoindre et de marcher sur l’eau. Je coule, moi, si tu dors pendant que la barque se remplit d’eau. Quand tu dors, j’ai peur que tu ne te réveilles pas. Ou bien trop tard. En fait, je ne sais pas si j’ai cette foi que tu réclames. Voilà, c’est dit. Si tu dors, ma foi est emportée par le vent.
Ne dors pas, Seigneur. La tempête est en moi. Calme-la comme tu l’as déjà fait la grande nuit où tu priais ton Père en l’assurant que tous tes amis, même ceux qui venaient de te trahir, avaient cru en toi (Jean 17, 6). Calme-la en m’assurant que toi tu crois en nous, en moi. (...)
Sœur Anne Lécu, Paris
Méditation sur "La tempête apaisée" Marc 4, 35-41 "Lui dormait sur le coussin à l'arrière."
retraitedanslaville.org


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