On confond souvent unité et uniformité. L'unité implique la diversité.
Lorsque j'ai rencontré le Pasteur Boegner en 1952, homme de grande loyauté et de très grande envergure, je lui ai dit: "Nous ne parlerons pas de ce qui nous divise, nous allons d'abord parler de ce qui nous unit au-delà de chacun. Si noous sommes divisés, catholiques,et protestants, c'est que nous ne sommes pas assez chrétiens ni les uns ni les autres. Tel fut notre pacte et je rends grâce pour tous les fruits d'unité qu'il a portés.
C'est le secret. Le seul vrai chemin de l'oecuménisme, c'est de vivre le mystère d'unité des différences s'accordant par l'amour au-delà d'elles-mêmes dans l'unique essentiel qui est le Christ Vivant.
Lorsque je parle d'unité, j'évoque l'unité de toute cellule, depuis le couple en passant par la famille, les paroisses, toutes les communautés chrétiennes, jusqu'à l'unité de l'Église du Christ. "Qu'ils soient un, comme toi et moi sommes un,afin que le monde croie que tu m'as envoyé" ne cesse de résonner en moi et de bruler mon coeur. La foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu, suspendue à l'unité des chrétiens... Quel enjeu, quel défi!
Cependant je suis aussi profondément interpellée par l''union des croyants. Pourrais-je oublier que tous les hommes naissent enfants de Dieu, porteurs d'un germe de sa Vie? Si nous en étions convaincus, nous porterions les uns sur les autres un autre regard, ce regard positif qui nous aiderait à nous rejoindre au-delà de nos différences, au lieu de nous opposer. Ne sommes-nous pas tous des frères humains de la grande famille des enfants du même Père?
Pour cela il faudrait que nous aimions, si peu que ce soit, comme Dieu aime.
Marguerite Ph. Hoppenot, fondatrice du mouvement oecuménique international Sève
in "L'homme est une histoire sacrée", éd. du Livre Ouvert, 1991

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