14 janvier 2014

LA SAGESSE DE SE SAVOIR MORTEL



Vase de terre grec antique, Knossos


En vérité, la principale illusion qui nous attache aux biens de ce monde procède d’un point de vue diamétralement opposé : non pas la sagesse de se savoir mortel, mais le pur fantasme que nous sommes immortels, à l’abri de la défaillance physique.
Mais la sagesse de la tradition incarnée par saint Benoît enseigne que la reconnaissance de notre faiblesse physique nous rend capables de percevoir aussi notre fragilité spirituelle. Il y a une profonde connaissance en nous tous, si profonde en vérité qu’elle est la plupart du temps enfouie, qu’il nous faut établir le contact avec la plénitude de la vie et avec la source de la vie.
Il nous faut établir le contact avec la puissance de Dieu et, d’une manière ou d’une autre, ouvrir les fragiles « vases de terre » que nous sommes à l’amour éternel de Dieu, un amour inextinguible.
(...) Dans son essence, l’Évangile chrétien proclame que nous sommes invités maintenant, aujourd’hui, à faire cette expérience. Nous sommes tous invités à mourir à notre vanité, à notre égoïsme, à nos limites. Nous sommes invités à mourir à notre exclusivisme. Nous sommes invités à tout cela parce que Jésus nous a précédés dans la mort et est ressuscité des morts.
Je crois qu’il serait difficile de dire si les gens craignent davantage la mort ou la résurrection. Mais, dans la méditation, nous nous défaisons de nos peurs parce que nous prenons conscience que la mort est mort à la peur et que la résurrection est naissance à une vie nouvelle.
Chaque fois que nous nous asseyons pour méditer, nous entrons dans cet axe de mort et de résurrection.
Ceci parce que, dans notre méditation, nous dépassons notre vie et toutes ses limitations pour entrer dans le mystère de Dieu. Nous découvrons, chacun d’entre nous par sa propre expérience, que le mystère de Dieu est le mystère de l’amour, de l’amour infini – de l’amour qui chasse toute peur.

John Main o.s.b.,  Le chemin de la méditation, « Mort et Résurrection », Bellarmin, 2001, 

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Avec Marie, aucune œuvre ne se perd.
(...) C'est surtout lorsqu'il faut parler aux âmes de l'amour de Dieu,  que cet amour nous donne le droit de ne jamais considérer une œuvre comme perdue, si nous l'avons commencée avec Marie et si nous voulons la continuer avec Elle. Marie, en effet, est à la base et au couronnement de tout ce qui intéresse le règne de Dieu par son Fils.

Dom J.B. Chautard, 1858-1935, Père trappiste

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