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| Children's Home, Mysore, Karnataka, India |
« Laissez les petits enfants venir à moi ; le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent ». Mt 19, 14
[Le] Royaume de Dieu, que Jésus
établit sur la terre et qui est pur don de Dieu, l’enfant
est le plus apte à l’accueillir : sa docilité,
sa bonne foi, le bon sens pour la justice et la vérité
n’opposent pas d’obstacles à
l’oeuvre de Dieu que nous, les adultes, lui opposons. En échange,
plus on devient adulte, plus on s’endurcit dans ses propres jugements et dans la volonté
d’être le protagoniste de ce Royaume, afin de nous l’approprier
par la force, comme on accumule un certain pouvoir sur des personnes et le
contrôle sur des biens. Et de cela le prophète
Ezéchiel veut nous prévenir (cf. Ez 18, 5 ss). Il revient à
nous, les adultes, de nous affranchir des traces de notre péché,
pour ressembler aux enfants et recevoir en héritage
le Royaume.
La tentation est de monopoliser l’autorité
sur les enfants et d’en abuser : Les enfants ne nous appartiennent pas (cf. Ez
18, 4). Ils appartiennent à Dieu. (...) Nous risquons de séparer
les enfants du Christ, alors qu’ils sont les premiers réceptacles
du Royaume de Dieu. En enfermant un enfant dans l’ignorance,
en se comportant de façon dégradante et scandaleuse envers un autre, un mur est érigé
ou un fossé creusé qui empêche l’enfant de faire l’expérience
bouleversante de la rencontre avec le Christ. «
Laisser à l’enfant le choix de se faire baptiser quand il aura 18 ans
» est comparable à celui de ne pas imposer le français
comme langue maternelle et ne lui en apprendre aucune, afin qu’à
18 ans il choisisse la sienne : affamé de connaissance et de justice, l’enfant
est retenu dans l’obscurité et dans la faim de l’âme.
(...)
L’exigence
juste des parents donne une orientation juste à
la vie de l’enfant ; une exigence défectueuse
aura pour conséquence un comportement défectueux,
ou bien des choix qui ne tiennent pas la route pendant longtemps ; injuste et
abusive, elle risque de reproduire le même modèle
(anti-)autoritaire ou de susciter une rébellion, qui aboutit dans le vide. Le
geste de Jésus n’est pas celui de la permissivité,
qui laisse passer les âneries d’un enfant, mais celui d’un
père ou grand frère qui encourage à évoluer
et exige de se dépasser avec l’aide de la bénédiction
de Dieu.

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