4 août 2013

BRÉSIL: THÉOLOGIE DE LA LIBÉRATION






Au Brésil, pendant quarante ans, la théologie de la libération n’a parlé que de la dimension économique et sociale de la foi. On a oublié la dimension de la conversion et de la sanctification personnelle. Il y a  chez les jeunes un grand vide au niveau des valeurs et de leur mise en œuvre. La loi autorisant le mariage gay est passée dans aucune contestation de la part des catholiques.
Pour la première fois depuis longtemps, j’ai regardé les jeunes Français avec envie ! En France, il y a une transmission familiale très forte. Ce n’est pas le cas au Brésil, où la réalité familiale et l’éducation sont très pauvres. Le premier cri de tous les volontaires français qui viennent au Brésil est : quelle chance j’ai eue d’avoir de tels parents ! Les jeunes Brésiliens sont très fragiles et sont bombardés par les médias et la nouvelle culture, qui détruisent systématiquement les références morales. Cette jeunesse est très belle car elle est joyeuse et capable de vivre la pauvreté avec un certain courage. Mais, si sa religiosité est très forte, elle cache une grande faiblesse intérieure.
Et beaucoup sont tentés par les mouvements évangéliques et les sectes…
Toute une partie du christianisme brésilien n’est ni plus ni moins que du matérialisme religieux. L’idée qui est au fond de la démarche de beaucoup de mouvements évangéliques, c’est de mettre Dieu à mon service, au service de mes rêves, de mes frustrations.
Une fois que les Brésiliens  ont été roulés pendant dix ans par des pasteurs qui leur ont volé tout leur argent, ils tombent dans l’athéisme. Eux qui avaient une foi si pure, qui n’a pas été affectée par le jansénisme comme nous avons pu l’être en France, eux pour lesquels Dieu est le premier ami, finissent dans l’athéisme après plusieurs décades d’escroquerie.
Et du coup, on revient à la théologie de la libération : on n’a pas répondu à la soif spirituelle des Brésiliens. Le peuple brésilien est un peuple qui a besoin de prier, de respirer Dieu. Or, on lui a proposé un militantisme. Cette soif mystique des Brésiliens n’a pas été assouvie et ils vont donc chercher ailleurs.

Jean-Marie Dumont
www.famille-chrétienne.fr

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Née dans les années 1950, très active dans les années 1970, la théologie de la libération, sous prétexte de lutte contre la pauvreté, l’ignorance et l’oppression, cherchait à marier christianisme et marxisme dans une lutte armée contre les régimes militaires au Brésil, Salvador, Chili ou pour favoriser l’avènement de pouvoirs communistes en Amérique du Sud, comme au Nicaragua en 1979. Cette politisation de l’Église catholique a été combattue par Jean-Paul II, aidé par Joseph Ratzinger, avant qu’il ne devienne Benoît XVI. Ayant connu de près les souffrances d’un régime communiste, le pape polonais a ainsi écarté les figures les plus gauchistes de la théologie de la libération, comme don Elder Camara au Brésil.

En 2007, le Vatican infligeait un blâme à l’un des derniers champions de la théologie de la libération, Jon Sobrino, 69 ans, un Basque installé au Salvador. [...] Le théologien jésuite présentait le Christ comme un militant politique de la lutte contre la pauvreté, au détriment de sa dimension divine, regrettait la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Rome-Novopress 15/03/2013 – 10h00 

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Prenant sa source dans une expérience de compassion, d'indignation et d'engagement aux côtés des plus pauvres, cette théologie a embrasé l'Amérique latine dès 1968. Marquée par le marxisme, cette théologie a été très controversée, avant d'être relue de façon plus positive par Rome et intégrée en 1986 au magistère.

croire.com

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