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L’ordre politique et temporel des choses, sous le titre de César, ne mérite a priori de notre part ni mépris, ni condamnation, ni évasion. Il attend plutôt trois attitudes : qu’on le respecte, qu’on le traverse, qu’on le transfigure. Il nous revient de le respecter et de le traverser, parce que nous sommes citoyens du monde. Il nous revient de le transfigurer activement, parce que, par vocation, et selon les termes exprès de l’un des plus grands textes qu’ait produits le christianisme antique, nous sommes « l’âme du monde », ou encore, en termes évangéliques, sa lumière (cf. Mt 5, 14 ; Ph 2, 15). Notre traversée du monde devrait être si consciencieuse, si « religieuse », qu’elle travaille le monde, du dedans. Notre condition de chrétiens ne nous dispense ni d’aller à l’école, ni de fréquenter le marché (cf. 1 Co 10, 25), ni de payer l’impôt (cf. Rm 13, 6-7), ni d’observer le code de la route, mais elle postule qu’au nom du Seigneur Jésus Christ (cf. Col 3, 17), nous mettions un surcroît d’humanité dans tous ces universaux, grands ou petits, de l’existence ordinaire que guette la déshumanisation, que nous leur fassions l’honneur de les considérer dans le regard même d’un Dieu qui irradie tout ce qu’il assume, jusqu’à en faire autant de lieux d’expérience spirituelle possibles. Notre identité chrétienne se vérifie, non au fait que nous nous exonérons de l’impôt, mais à l’usage que nous faisons de l’argent. Et si une vie chrétienne vraiment cohérente nous confronte tôt ou tard à la résistance du monde comme empire du Mauvais (cf. 1 Jn 5, 19), le sentiment légitime que nous avons de l’urgence du Royaume, la hâte que nous avons du Royaume ne sauraient nous faire sous-estimer la consistance du monde, domaine de César, qui est notre champ quotidien d’exercice ; encore que César puisse faire le jeu de Satan (cf. Ap 17, 9-12), César n’est jamais Satan par essence : il ne l’est que par malheur.
Fr. François Cassingena-Trévedy,o.s.b., normalien, moine
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[Jésus] ne pouvait-il pas naître dans une plus grande ville comme Jérusalem ou Césarée ? Bethléem est la ville du roi David et c’est à lui que le Seigneur a fait la promesse d’une royauté éternelle pour son peuple.
En naissant à Bethléem, Jésus annonce qu’il vient accomplir cette promesse du royaume de Dieu. Mais le règne annoncé par Jésus n’est pas celui d’une puissance politique ou économique. Le royaume de Dieu se déploie, bien au contraire, dans la fragilité et le respect de la liberté humaine.
Par ailleurs, l’expression « roi des Juifs » fait écho à l’écriteau qui sera placé au-dessus de la croix de Jésus comme motif de sa condamnation par Pilate. Jésus est roi jusque dans sa mort et sa résurrection. Cet écho entre la naissance et la mort de Jésus est le signe du projet de Dieu qui s’accomplit. Mais tout ne peut pas déjà être compris. Il faut de la patience pour respecter les étapes de notre croissance spirituelle, comme nous respectons les étapes de croissance d’un enfant. La vie de Jésus est le fondement de toute notre foi. Alors, avec les mages, allons nous renseigner avec précision sur cet enfant.
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[Jésus] ne pouvait-il pas naître dans une plus grande ville comme Jérusalem ou Césarée ? Bethléem est la ville du roi David et c’est à lui que le Seigneur a fait la promesse d’une royauté éternelle pour son peuple.
En naissant à Bethléem, Jésus annonce qu’il vient accomplir cette promesse du royaume de Dieu. Mais le règne annoncé par Jésus n’est pas celui d’une puissance politique ou économique. Le royaume de Dieu se déploie, bien au contraire, dans la fragilité et le respect de la liberté humaine.
Par ailleurs, l’expression « roi des Juifs » fait écho à l’écriteau qui sera placé au-dessus de la croix de Jésus comme motif de sa condamnation par Pilate. Jésus est roi jusque dans sa mort et sa résurrection. Cet écho entre la naissance et la mort de Jésus est le signe du projet de Dieu qui s’accomplit. Mais tout ne peut pas déjà être compris. Il faut de la patience pour respecter les étapes de notre croissance spirituelle, comme nous respectons les étapes de croissance d’un enfant. La vie de Jésus est le fondement de toute notre foi. Alors, avec les mages, allons nous renseigner avec précision sur cet enfant.
Sr Carine Michel, dominicaine
Méditation „Cherchons un roi“ (extrait)
matthieu.retraitedanslaville.org

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