27 juin 2018

AURAIS-JE BESOIN D’ÊTRE SAUVÉ ?





Pour la foi chrétienne, la « religion » n’est pas seulement une donnée qui fait partie de la « nature humaine ». Elle est bien plus que cela. Saint Thomas d’Aquin affirme qu’elle relève de la vertu de justice : avec elle, nous rendons à Dieu ce qui lui est dû. Mais pour un ami de Jésus, la religion va au-delà. Elle ne se limite pas simplement à une obligation. Certes, nous devons honorer, glorifier et aimer Dieu. Un incroyant est capable de comprendre de tels sentiments, même s’il ne les partage pas (non par ingratitude foncière, mais parce qu’il ne croit pas). En revanche, il est un autre affect, tout aussi fondamental pour les chrétiens, que les non-croyants sont loin de soupçonner, et qui explique leur attachement au Christ ainsi qu’au culte ecclésial : la conviction qu’ils ont de la nécessité d’être sauvés.
Car avec la religion chrétienne, il n’en va pas uniquement de chanter, de louer, ou d’effusions indicibles, mais aussi d’implorer le salut. C’est à ce niveau que l’incompréhension est la plus grande entre notre époque, gavée de « droits » et de toquades festives, et la foi chrétienne. Le nom de Jésus, Yeshua, veut dire « Dieu sauve ». Comme le dit saint Pierre dans sa première épître, nous avons été rachetés à grand prix ( 1P, 1, 18-19 ). La Rédemption n’a pas été une mince affaire ! Mais il ne suffit pas de la conjuguer au passé. Jésus nous a gagné un salut définitif. Encore faut-il que nous nous l’appropriions dans notre présent. C’est ce que nous appelons la rédemption subjective. Cette dernière non plus n’est pas un dîner de gala.

Jean-Michel Castaing
Extrait de l’article « Enseigner le « fait religieux » ou transmettre le salut »
20 juin 2018
aleteia.org


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