(...) J'attends d'eux [les élèves] qu'ils soient capables de penser par eux-mêmes, de prendre du recul par rapport à leur famille, au quartier, au lieu de culte, à la classe, à ce qu'ils voient sur Internet et à la télévision. (...) Ces jeunes ne sont pas idiots. Leur cerveau n'est pas entièrement malléable. Ils sentent même parfaitement ce qui sonne juste ou pas. (...)
L'Éducation nationale ne prend
pas assez en compte le fait qu'elle repose sur des hommes. Pour grandir,
les élèves ont besoin d'être face à des personnes qui leur tiennent des
propos personnels, tirés de leur expérience, pas d'une grande armée qui
serait composée de pions au discours stéréotypé.
Je
suis effaré de voir à quel point ces élèves ont soif d'aimer et d'être
aimés par le professeur, d'aimer ce qu'il aime. Mais il y a un truc qui
cloche: c'est l'image toujours détestable qui est donnée de la France à
travers les programmes scolaires: pays de colonisateurs,
d'esclavagistes, de racistes, de collabos... On fait aimer aux autres ce
qu'on aime, pas ce qu'on déteste. Comment voulez-vous que des enfants
aiment le pays dans lequel ils se trouvent quand il est systématiquement
présenté ainsi? Nous avons une énorme responsabilité dans ce gâchis
Jean-François Chemain, professeur d'histoire et géographie dans un collège en Zep., écrivain
"Pourquoi certains élèves ne sont pas Charlie" (extraits)
famillechretienne.fr n°1932
*****
(...)
Après la dérive post-soixante-huitarde qui a détruit l'autorité et l'instruction, après les errances du "genre" et autres utopies, après tant de faiblesses face aux empiètements communautaristes, voilà l'École coinçée entre un modèle libertaire qui piétine toute éducation et un laïcisme conquérant qui prétend s'ériger en juge et substitut des religions, à l'intérieur d'établissements où la seule règle républicaine est que le sujet n'a pas à y être abordé.
"Les hussards noirs de la [IIIème] République" enseignaient la France, sa langue, son histoire, ses grands écrivains. C'est dans l'apprentissage efficace et précoce d'un français correct, puis dans la fréquentation intelligente de [la littérature classique] qu'est la réponse au défi de l'intégration.
L'explication de textes à la française, centrée sur l'humain, offrant des leçons de vie, a formé des générations de têtes solides, capables de penser par elles-mêmes. Revenons-y! La littérature française classique, pétrie d'humanité par le christianisme, a le pouvoir de rassembler. L'urgence, face au décrochage des jeunes de banlieue, n'est pas de leur asséner des slogans mortifères, mais de donner à l'École des moyens sûrs et solides de leur faire aimer et goûter la "classe de français".
Marie-Joëlle Guillaume, journaliste et écrivain
Extraits de "L'École de la France"
famillechretienne.fr n°1932

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