(...) Désirer prier, écrivait saint Augustin, c'est déjà prier. Ce désir n'a pas d'âge, je le ressens aussi en moi, au plus profond du coeur, lieu de la prière. [La prière] est un don de Dieu qui me dépasse, et que je reçois chaque matin comme un cadeau. En ce domaine, je demeure un commençant, un artisan, un pauvre qui attend tout de l'Esprit Saint, le véritable maître de la prière. Je pense que c'est ce même Esprit qui met en nous le désir de la prière et que ce désir plaît à Dieu, lui qui regarde avec amour ce que nous désirons être.
(...)Demandez vous-même à Jésus ce qu'il disait à son Père et quel était sa réponse. Il vous enverra l'Esprit-Saint, le baiser du Père et du Fils, selon l'expression de saint Bernard. Il ne s'agit pas de comprendre la prière de Jésus, mais de vous laisser prendre par l'Esprit qui prolonge en vous la prière de Jésus. Car ce dialogue d'amour que Jésus vivait avec son Père lors de sa vie terrestre, il veut le continuer en nous, lui, le Ressuscité, qui marche avec nous sur nos routes d'Emmaüs. Vous entrerez peut-être dans son silence de communion avec le Père: un simple soupir d'amour, une attention amoureuse au mystère, un regard de contemplation, une joie, une paix. Ici, il ne s'agit pas de dire beaucoup de choses, mais de les dire avec le coeur. Il ne suffit pas non plus de réciter plusieurs prières, mais d'être prière dans un silence intérieur. Cette prière de Jésus à son Père, comme la nôtre, est la rencontre de deux soifs, de deux désirs, de deux regards. Le plus grand effort est de ne pas en faire et la meilleure méthode est souvent de ne pas en avoir. Il suffit d'être là, simplement présent à la Présence, jour après jour, sans se décourager, car Dieu donne toujours la prière dont nous avons besoin aujourd'hui. À chaque jour suffit sa prière.
(...) En prenant conscience que vous ne savez pas prier, vous laissez la place à l'Esprit qui va vous aider et vous guider sur les chemins de la prière. La vraie prière commence quand on sait qu'on ne sait pas prier, quand on pense qu'on ne prie pas lorsqu'on prie. Comme disait Jean Paul II, à peu près en ces mots: "La prière, ce n'est pas d'abord pour se satisfaire, c'est une dépossession de soi pour s'abandonner en Dieu, le laisser prier en nous".
Jacques Gauthier, théologien catholique canadien
Extrait de lettre sur le blog du 26/12/2012
jacquesgauthier.com

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