(...) La foi est-elle crédible? La foi, disait la philosophe Simone Weil, « c’est l’intelligence éclairée par l’amour ». À ce compte, l’amour seul est digne de foi. La foi indique une direction par un chemin autre que la science. Elle précède le savoir et elle est impossible à vérifier en laboratoire. C’est un acte qui donne d’entrer en relation avec Dieu, surtout dans la prière. Je comprends que le côté surnaturel de la foi la rend hermétique et suspecte aux yeux de plusieurs qui craignent le dogmatisme et le prosélytisme. Mais la foi peut être aussi occasion de dialogue et de partage, comme les rencontres de prière pour la paix à Assise avec les représentants des grandes religions et sagesses.
Dieu est commun à tous, il n’appartient à aucune caste en particulier. Nous sommes tous égaux devant sa parole et son silence. La Bible nous montre qu’il nous a créés à son image pour qu’il puisse nous parler à sa manière, parfois surprenante. Chaque personne a donc son mot à dire dans ce dialogue que Dieu a lui-même suscité, d’autant plus qu’en christianisme le Verbe s’est fait chair. Nous avons à nous mettre dans la peau de Jésus pour prolonger sa relation avec le Père et vivre son message d'amour entre nous.
Dieu est discret et secret, comme l’amour et la vie. Il échappe toujours aux catégories, aux définitions, aux images, aux pensées, aux caricatures. Il se voile et se dévoile en même temps. On le voit mieux dans le silence et l’art, dans la foi et la prière. Les monastères, les sanctuaires et les hauts lieux de spiritualité témoignent de sa fécondité. Le chercher peut combler une vie. On le trouve surtout dans l’amour de l’autre, car « celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1 Jean 4, 20).
Jacques Gauthier. 14/01/2015
"Et Dieu dans tout cela?" (extrait)
lebloguedejacquesgauthier
Se convertir, c'est se retourner ; se détourner de quelque chose pour se tourner vers une réalité plus désirable. C'est exactement ce que font les premiers disciples dans notre évangile. Le problème est que l'on sait ce que l'on quitte, mais que l'on ignore ce que sera cet avenir que nous choisissons. Impossible de s'y résoudre si l'on ne fait pas une confiance totale à celui qui nous appelle (foi), si nous ne croyons pas à la supériorité absolue de ce vers quoi nous allons (espérance), si nous ne sommes pas habités par un amour qui surclasse tous les amours. (...) Quitter l'attachement excessif que nous avons spontanément pour les choses de la vie revient à cesser d'en faire des idoles, et l'on sait que l'idole est pourvoyeuse de mort.
P. Marcel Domergue, jésuite
croire.com

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