"Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu'on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons." Mt 13,47-50
Je suis tout de même un drôle de poisson. Souvent, je me dis que le Pêcheur suprême, qui depuis là-haut tire la ligne où j’ai mordu à l’hameçon, doit s’amuser avec moi. Tantôt, je ne désire rien d’autre que d’être pris, que de me jeter dans son épuisette, et je m’impatiente qu’il mette tant de temps à me faire remonter à la surface ; puis l’instant d’après, voilà que je résiste, que je ruse, que je ne me laisse pas conduire, et il lui faut tout son savoir-faire de pêcheur pour m’emmener où il veut sans casser sa ligne.
« Seigneur, je t’aime plus que tout, je veux te donner toute ma vie, mais pas les cinq minutes qui viennent où j’ai tellement envie de flemmarder un peu… » Peut-être s’agace-t-il de mes contradictions incessantes. Peut-être voit-il cela avec indulgence, et sourit-il quand il doit patiemment me remettre sur la bonne route. Je ne sais pas exactement ce qu’il pense. Mais au moins, en voyant les efforts qu’il déploie pour m’attraper, je sais qu’il s’intéresse à moi. S’il trouvait que je ne vaux rien, il ne se donnerait pas tant de mal avec moi.
Y a-t-il vraiment, aux yeux du Dieu de Jésus-Christ, des poissons qui ne valent rien et dont il peut se débarrasser sans regret ? Nous savons en tout cas comment est pesé le poisson dans le Royaume : à la balance de l’amour. Le poisson dans lequel on ne trouve pas ne serait-ce que quelques milligrammes d’amour n’est pas sauvé, parce qu’il n’y a rien en lui qui ouvre sur l’éternité, il n’y a pas le moindre bout d’écaille par lequel le Seigneur puisse l’attraper. Puisse-t-il être rare, au jour du Jugement, ce poisson plus plat qu’une raie, qui n’aura pas aimé. Et au cours de cette partie de pêche qui se poursuit, remplis-moi, Seigneur, de cet amour grâce auquel, dès ici-bas, la vie éternelle est déjà commencée.
Frère Adrien Candiard, dominicain
couvent du Caire
Signe dans la Bible
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"...Jésus leur dit: Apportez les poissons que vous venez de prendre. Simon monta dans la barque et tira à terre le filet plein de 153 poissons; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se rompit point" Jean 21, 10-11
Je suis tombée une seule fois sur l'interprétation suivante, simple et très plausible, du nombre avancé de 153 poissons: à l'époque ou Jean écrivit son évangile, il n'y aurait eu que 153 espèces de poissons de connues! Ce nombre symboliserait donc tous les poissons de la mer, préfiguration du rachat par le Christ de tous les hommes de la terre.
Chantal K.-B.
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