Chaque année, c’est pareil. Au fur et à mesure que le jour de Noël approche, deux équipes tentent de plus en plus ouvertement d’imposer leur point de vue. D’un côté, les fans du sapin. De l’autre, les supporters de la crèche.
Très largement majoritaire sur le plan national - et même international -, l’équipe « sapin » a de puissants appuis à l’extérieur. Représentée par une armada de Pères Noël à la joie aussi factice que la barbe, elle quadrille le terrain depuis six semaines : pas un trottoir, pas une boîte aux lettres, pas un magasin ne lui échappe... Mais elle commence à s’épuiser.
L’équipe « crèche », nettement moins importante, a du mal à faire face à l’offensive des bonshommes en rouge. Mais elle a un atout de poids : elle a bénéficié d’une préparation intensive de quatre semaines et n’a rien perdu de sa vitalité. Avantage supplémentaire, la joie dont elle rayonne est authentique. (...)
N’opposons pas le profane et le sacré. Chacun a sa place. Le spirituel s’épanouit dans le culturel : l’ambiance de Noël, les chants traditionnels, les couleurs, les lumières, les guirlandes velues, tout cela fait partie de notre culture, tout cela a son importance. N’essayons pas d’évangéliser le profane, ni de le repeindre artificiellement de spirituel. Montrons simplement à nos enfants dans quel ordre nous établissons nos priorités, et vivons sereinement entre crèche et sapin.
Les cadeaux ont leur importance, qu’il serait dommage de nier. Ils ont leur place, car ils sont le signe de l’amour qui nous unit. Nous sommes incarnés, nous avons besoin d’exprimer notre amour par des gestes concrets. (...) Nous nous creusons les méninges pour savoir ce qui ferait plaisir à chacun, pour adapter nos idées à notre budget, pour improviser, inventer, créer. Quel temps passé ! Du temps perdu ? Pas du tout ! Du temps donné, offert avec tout notre amour. (...) La joie qui émane du sapin n’est pas factice. C’est une joie simple et profonde. Joie de se retrouver, de se dire notre affection, de l’exprimer par des petits cadeaux pleins d’amour. Joie de déguster des fruits déguisés longuement malaxés par des petites mains fébriles, joie d’offrir et de recevoir. Ne méprisons pas cette joie-là, elle est merveilleuse.
Noël est un jour difficile pour ceux qui sont seuls. Ne les oublions pas : un petit cadeau, un coup de téléphone, une jolie carte glissée dans la boîte aux lettres avec des truffes carrées (carrément caloriques, mais carrément bonnes !) peuvent illuminer ceux qui ont besoin de notre affection. Noël est également un jour difficile pour les familles désunies. (...) Là, le sapin n’est plus d’aucun secours : seule la crèche peut sauver la fête. Pourquoi ? Parce que le tout petit enfant qui y repose nous apporte sa paix. Lui seul peut nous donner la force de pardonner et la volonté d’aimer malgré nos blessures.
La crèche rayonne d’une paix et d’une joie profondes. Cette joie-là est un don de Dieu!
Juliette Levivier, théologienne
"La crèche et le sapin" 22/12/2007 (extraits)
famillechretienne.fr No 1562
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